La recette de Bercy pour une baisse du déficit en 2015 même sans croissance

ECONOMIE Le ministère des Finances et des Comptes publics, Michel Sapin, a abaissé ce mercredi matin sa prévision de déficit public pour 2015 à 4,1%, contre 4,3%, prévus précédemment…

Romain Lescurieux

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Michel Sapin le 2 décembre 2014 à Berlin
Michel Sapin le 2 décembre 2014 à Berlin — John MacDougall AFP

Bercy, vecteur de bonnes nouvelles? S’il s’agace de l’appellation «Bercy» car «on ne dit pas bonjour Monsieur Bercy», Michel Sapin, s’est félicité ce mercredi des chiffres à l’horizon 2015, à l’occasion d’une conférence de presse sur la stratégie économique, budgétaire et fiscale.

En effet, le gouvernement français a abaissé sa prévision de déficit public pour 2015 à 4,1% du PIB, contre 4,3% prévu précédemment. «Et cela sans toucher aux fondamentaux de la politique économique de la France», insiste le ministère des Finances et des Comptes publics. Mais grâce aux 3,6 milliards de «mesures nouvelles» de réduction du déficit annoncées le 27 octobre. Et ce, malgré la faible conjoncture

«Effort structurel» 

Dans ce sens, pour réduire le déficit, Thierry Mandon, secrétaire d'Etat en charge de la simplification, préconisait de son côté, en septembre, de «transitoirement jouer sur les marges de manœuvre des textes européens pour laisser filer un peu le déficit». Il citait alors trois «micro-évolutions» susceptibles d'améliorer la tendance: «La nouvelle politique de la Banque centrale européenne», «la baisse du rapport euro/dollar», qui est selon lui «une baisse structurelle», et «la baisse du prix du pétrole qui est maintenant à 91 dollars le baril».

Mais pour Michel Sapin, ce sont bien les 3,6 milliards, qui font partie de l'«effort structurel» de réduction du déficit, qui permettront de porter à 0,5 point de PIB la réduction du déficit structurel - c'est-à-dire indépendant des fluctuations de la conjoncture - en 2015.

«Un impact sur 2016 et 2017»

«Il s’agit d’une part d’améliorations que nous avons constatées, mais aussi de décisions qui ont été prises notamment dans le cadre du PLF et du PLFR», indique-t-il. Les dividendes versés par les sociétés publiques ou encore le coût du Crédit Impôt Compétitivité Emploi (CICE) permettraient selon Bercy de revoir à la hausse de 1,6 milliard d’euros l’ajustement prévu l'année prochaine. Aussi, «les mesures de lutte contre la fraude à la TVA ou de raccourcissement des délais de régularisation pour les évadés fiscaux sont bien au rendez-vous, et leur rendement atteindra les 850 millions»

Ainsi, concernant l'objectif de déficit public pour 2014, de 4,4% du PIB, «non seulement (il) reste d'actualité mais il est très sécurisé», a déclaré le ministre. Les recettes fiscales déjà perçues en 2014 sont «en ligne par rapport aux derniers chiffres produits» (ceux du budget rectificatif) et «le respect de la norme de dépense sera atteint», avait souligné auparavant le secrétaire d'Etat au Budget, Christian Eckert.

Cette révision «aura un impact sur 2016 et 2017» et permettra notamment au déficit 2017 d'être «largement en dessous de 3%» du Produit intérieur brut (PIB), la barre maximale fixée par les traités européens, a déclaré Michel Sapin.