Compte pénibilité: Pour Marisol Touraine, il n'est «pas question d'y renoncer»

RETRAITES La mesure doit entrer en vigueur en 2015, malgré les critiques au sein même du gouvernement...  

N.Beu. avec AFP

— 

La ministre de la Santé et des Affaires sociales, Marisol Touraine, le 16 octobre 2014 à Paris
La ministre de la Santé et des Affaires sociales, Marisol Touraine, le 16 octobre 2014 à Paris — Kenzo Tribouillard AFP

Le compte pénibilité, décrié par le patronat, est «une avancée majeure» et il n'est «pas question d'y renoncer», a affirmé mercredi la ministre des Affaires sociales, Marisol Touraine, alors que certaines voix au sein même du gouvernement ont prôné des assouplissements.

Le compte, qui entrera en vigueur au 1er janvier 2015 et permettra à certains salariés de partir plus tôt à la retraite, est «une avancée majeure, une avancée sociale de grande importance et il n'est pas question d'y renoncer», a déclaré la ministre sur i>TELE. Interrogée sur des déclarations du ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, qui a indiqué mardi qu'un «groupe de travail» plancherait pour «rendre la pénibilité supportable pour les entreprises» et du secrétaire d'Etat à la simplification, Thierry Mandon, qui serait favorable à un abaissement du nombre de critères de pénibilité retenus, Touraine a rappelé que «la loi est votée».

Une «usine à gaz», selon le Medef

Ce compte «va permettre à des centaines de milliers de personnes de partir à la retraite plus tôt parce qu'ils ont exercé des métiers pénibles», a-t-elle souligné. Elle a adressé une sévère mise en garde au patronat qui «proteste, manifeste et ne fait pas preuve de beaucoup de responsabilité»: «Ce n'est pas en tempêtant, en protestant, en agressant verbalement, je le dis au patronat, que nous irons de l'avant.» «A côté du pacte de responsabilité, il y a des mesures en faveur des salariés» et le patronat ne peut «oublier» cet aspect, a-t-elle ajouté, prévenant que les baisses de cotisation dont bénéficient les entreprises avaient été votées pour 2015, mais pas pour les années suivantes.

Le compte pénibilité, mesure phare de la réforme des retraites et dénoncé comme une «usine à gaz» par le patronat, donne la possibilité aux salariés subissant des conditions de travail difficiles de partir plus tôt à la retraite. Dès le 1er janvier, les salariés exposés à quatre facteurs de pénibilité pourront obtenir des points qui leur permettront de se former, de travailler à temps partiel ou de partir plus tôt à la retraite. Ces facteurs sont le travail de nuit, le travail répétitif, en horaires alternants ou en milieu hyperbare (comme les travaux sous-marins). A la suite des pressions du patronat, qui devra identifier les salariés éligibles au compte pénibilité, les six autres facteurs (postures pénibles, manutentions manuelles de charges, agents chimiques, vibrations mécaniques, températures extrêmes, bruit) ne doivent entrer en vigueur que le 1er janvier 2016.