Photo d'illustration chauffage.
Photo d'illustration chauffage. — G. VARELA / 20 MINUTES

ENERGIE

Pétrole au plus bas: Ce que ça va changer pour vos factures d'énergie

Vous allez dépenser moins pour régler votre carburant, mais également vos factures de fioul et de gaz...

Bonne nouvelle pour votre porte-monnaie. La valeur de l’or noir s’effondre et cette baisse va vous redonner un peu de pouvoir d’achat. 20 Minutes vous explique pourquoi.

Pourquoi le prix du pétrole baisse-t-il?

«Parce que la demande diminue au niveau mondial en raison du ralentissement de la croissance, notamment dans les pays émergents, et que dans le même temps, l’offre augmente, avec la montée en puissance des pétroles non conventionnels, notamment le pétrole de schiste américain», répond Thomas Porcher, économiste spécialisé dans le pétrole.

La semaine dernière, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) a malgré tout décidé de maintenir le même niveau de production. «Cette décision a surtout été prise par l’Arabie Saoudite, qui espère ainsi étouffer la concurrence russe et américaine. L’Arabie Saoudite peut se permettre de vendre à prix bas puisque son pétrole est bien moins cher à produire que celui des Russes ou des Américains», note Stéphan Silvestre, économiste de l'énergie.

Pourquoi les prix ne baissent-ils pas autant à la pompe?

Si le prix du baril a chuté de 40% depuis juin, celui des carburants a reculé de «seulement» 7% pour le sans-plomb et de 8% pour le gazole. «Mais ce n’est pas une arnaque des distributeurs», assure Stéphan Silvestre. Cette moindre baisse a deux raisons. D’abord, «le pétrole ne représente que 33 centimes dans un litre de gazole à 1,21 euro et le même montant dans un litre de SP95 à 1,40 euro. Le reste, ce sont des taxes et des coûts liés au raffinage, au transport ou à la distribution», poursuit l'économiste.

Ensuite, l’euro a baissé par rapport au dollar: «Notre monnaie a perdu 10% depuis juin. Le pétrole n’a donc pas baissé de 40% en Europe, mais de 33%». Avec ces deux phénomènes, les prix à la pompe devraient tout de même reculer de 9%, soit plus qu’à l’heure actuelle. «Les distributeurs répercutent toujours plus lentement les baisses que les hausses de prix, mais ils vont progressivement ajuster leurs tarifs», garantit Stéphan Silvestre.

La baisse va-t-elle concerner les autres énergies?

Oui, notamment «le fioul domestique, dont le tarif a déjà diminué de 10% depuis juin pour les particuliers», avance Stéphan Silvestre. Et ce n’est qu’un début: «Cet hiver, le consommateur devrait dépenser de 15% à 25% de moins pour se chauffer par rapport à l’hiver 2013».

Quant au gaz, «une partie de son prix étant indexée sur le coût du pétrole, les tarifs devraient également baisser dans les prochains mois», affirme Thomas Porcher. De combien? «La formule de calcul est trop compliquée pour le dire, mais la baisse sera faible.» En revanche, le prix de l’électricité ne sera pas impacté, même si près de 10% de cette énergie est issue de centrales thermiques fonctionnant notamment au fioul.

Cette baisse va-t-elle durer?

D’après l’Agence internationale de l’énergie (AIE), les prix du pétrole ne devraient pas remonter avant un ou deux ans. Mais avec un prix du baril inférieur à 80 dollars, «certains pétroles ne sont plus intéressants à exploiter, notamment les pétroles de schiste des Etats-Unis et les sables bitumineux du Canada. L’offre pourrait donc se contracter et faire remonter les prix plus tôt», analyse Thomas Porcher.

Stéphan Silvestre estime que les consommateurs sont tranquilles pour au moins six mois, soit toute la période hivernale. «En tout cas, le consommateur ne doit pas se fier aux prix actuels de l’énergie s’il souhaite acquérir une voiture ou un nouveau mode de chauffage parce qu’à moyen terme, les prix de l’énergie fossile continueront inévitablement d’augmenter», conclut Thomas Porcher.