Cette semaine, les patrons vont crier leur colère

SOCIAL Les trois organisations patronales, Medef, CGPME et UPA (artisans), appellent à une semaine de mobilisation...

Céline Boff

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Le président du Medef, Pierre Gattaz, le 6 novembre 2014 à Paris
Le président du Medef, Pierre Gattaz, le 6 novembre 2014 à Paris — Eric Piermont AFP

«Tous unis pour défendre la croissance et l’emploi.» Cette semaine, ce sont les patrons, et plus particulièrement le Medef, la CGPME et l'UPA, qui appellent à la mobilisation. Des actions sont prévues à Paris et dans les principales villes françaises pour protester contre «30 années d’une politique qui a progressivement étouffé les entreprises de toute taille par une accumulation de charges, de contraintes, de taxes et de sanctions».

Les entrepreneurs veulent plus particulièrement la peau de trois nouvelles mesures: le compte pénibilité, le temps partiel à 24 heures minimum et l’information préalable des salariés en cas de cession d’entreprise. Mais là s’arrête l’union syndicale. Car les trois organisations patronales ne souhaitent pas manifester leur colère de la même manière. Qui va faire quoi? 20 Minutes fait le point.

Ils vont crier leur colère… dans la rue

Qui? Les entreprises membres de la Confédération générale du patronat des petites et moyennes entreprises (CGPME).

Pourquoi? Pour protester contre «les contraintes et les prélèvements» qui «étouffent» les chefs d’entreprises, la CGPME lance la campagne «PME & TPE CadenASSEZ! Libérez nos entreprises!». Elle appelle ses membres à se munir d’un cadenas et à participer à l’une des deux manifestations du 1er décembre: à Paris (départ 10h de la place Félix Eboué, 12e) pour les patrons de la moitié nord de la France, à Toulouse (départ 10h de la place du Salin) pour les patrons de la moitié sud du pays

Ils vont crier leur colère… depuis un bus

Qui? Les entreprises membres de l’Union professionnelle artisanale (UPA).

Pourquoi? L’UPA va sillonner les routes de France en bus et faire étape dans sept villes depuis Lille (1er décembre) jusqu’à Strasbourg (10 décembre), en passant par Paris (2 décembre) avec un slogan «La croissance et l’emploi, c’est nous!». Au programme: des rencontres autour de la lettre ouverte adressée par le syndicat au Président de la République. Dans cette missive, l’UPA appelle notamment à «lutter contre la concurrence déloyale issue du détachement illégal de travailleurs» ou encore à «stopper les projets de généralisation de l’ouverture des grandes surfaces le dimanche».

Ils vont crier leur colère… à travers des réunions

Qui? Les entreprises membres du Mouvement des entreprises de France (Medef).

Pourquoi? Pour se faire entendre, l’organisation privilégie les réseaux sociaux (#liberonslentreprise) et appelle les patrons à enregistrer leur témoignage vidéo sur leurs difficultés au quotidien. Elle demande également à ses membres et à tous les citoyens de signer un manifeste qui propose notamment «pour les trois prochaines années, au niveau local ou national» de «ne créer aucune nouvelle taxe», de «ne modifier aucune assiette de taxation» ou de «ne procéder à aucune augmentation de taux».

Le Parti communiste sonne la riposte

«Le Medef prépare une semaine d'actions pour "dire la souffrance des patrons". La décence, ils ne connaissent pas!». Le Parti communiste français (PCF) est très remonté contre la mobilisation patronale et lance ce lundi une «contre semaine d'action» avec de multiples actions allant de la distribution de tracts aux portes des entreprises au clip parodique sur internet. «Cette contre semaine ne vise pas les PME et PMI qui souffrent et ne sont pas aidées par la politique gouvernementale», précise Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF.