Mobilisation: Quand les patrons trouvent le chemin de la rue

ECONOMIE Malgré des divergences dans la méthode, les trois organisations patronales majeures, veulent afficher leur unité à partir de lundi...

R.L. avec AFP
— 
Une partie des patrons descendra dans la rue lundi, premier jour d'une semaine de mobilisation des trois grandes organisations patronales
Une partie des patrons descendra dans la rue lundi, premier jour d'une semaine de mobilisation des trois grandes organisations patronales — Jacques Demarthon AFP

Phénomène rare, une partie des patrons descendra dans la rue lundi, premier jour d'une semaine de mobilisation des trois grandes organisations patronales décidée en commun, mais menée séparément contre «30 années» d'une politique qui a, selon elles, «bridé» l'économie.

>> Quand la France «d’en haut» descend dans la rue. Lire l'article ici

«Notre économie va mal. Elle est bridée par 30 années d'une politique qui a progressivement étouffé les entreprises de toute taille par une accumulation de charges, de contraintes, de taxes et de sanctions », ont dit le Medef, la CGPME et l'organisation représentative des artisans et commerçants de proximité, UPA, en annonçant leur mouvement à la mi-novembre. Les trois organisations, qui parlent rarement à l'unisson, ont affiché ainsi leur volonté d'unité et celle de pas apparaître comme politiquement marquées.

A chacun sa méthode

Elles divergent en revanche dans le choix des méthodes pour se faire entendre. La semaine sera ouverte par la confédération des petites et moyennes entreprises, la CGPME, avec un défilé lundi à partir de 10 heures, à Paris pour ceux de la moitié nord, et à Toulouse pour les entrepreneurs du sud de la France. Du jamais vu de la part de cette confédération depuis l'introduction de la semaine de 35 heures de travail au début des années 2000.

Ce mode d'expression est critiqué par le Medef et exclu par l'Union professionnelle artisanale (UPA). Cette dernière appelle toutefois à quelques rassemblements - sans défilés - dans plusieurs grandes villes.

Enfin, la CGPME a choisi un langage imagé en adoptant le slogan «PME/TPE CadenASSEZ ! Libérez nos entreprises !» et en demandant aux manifestants de se munir d'un cadenas. « Les cadenas c'est à la fois une déclaration d'amour et en même temps un moyen, quand vous êtes liés, de ne pas pouvoir s'en sortir », a expliqué à l'AFP le secrétaire général de la CGPME, Jean-Eudes du Mesnil, dans une allusion au « j'aime l'entreprise » du Premier ministre Manuel Valls.

Marche sur Bercy

Le cortège de Paris, pour lequel la CGPME attend entre 2.000 et 3.000 personnes, dont 35 autocars de province, partira de la place Félix-Eboué, dans le 12e arrondissement pour s'arrêter environ un kilomètre plus loin devant «Bercy», la gigantesque forteresse de béton qui abrite au bord de la Seine les ministères chargés de l'économie. Là, le président de la CGPME, Jean-François Roubaud, «dûment cadenassé par nos soins» prendra la parole, annonce l'organisation.

>>«Ils construisent leur propre forme d’expression et d’action». Lire l'artice 

L'enchevêtrement des fédérations professionnelles est tel en France que, de fait, un nombre important de grandes organisations professionnelles adhérentes au Medef participeront à la marche, étant membres simultanément de la CGPME.

«Il y a une exaspération des chefs d'entreprise et une souffrance face à une situation économique très difficile», dit Jean-Eudes du Mesnil. Il insiste sur trois points: «Le compte pénibilité, l'interdiction d'embaucher quelqu'un moins de 24 heures par semaine et l'obligation d'informer les salariés en cas de cession d'entreprise». «On ne sait pas les appliquer », dit-il.