Ferroviaire: Vers la suppression de 15.000 emplois d'ici 2018?

EMPLOI La baisse d'activité du secteur menace sévèrement l'emploi...

N.Beu. avec AFP

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MAUVES SUR LOIRE, le 25/11/2013 Un TGV entre Nantes et Angers
MAUVES SUR LOIRE, le 25/11/2013 Un TGV entre Nantes et Angers — Fabrice Elsner/20MINUTES

Attention, déraillement en vue pour l'emploi dans l'industrie ferroviaire. Selon la Fédération des industries ferroviaires (FIF), entre 10.000 et 15.000 emplois seraient menacés d'ici 2018 par la baisse d'activité du secteur.

La FIF s'est alarmée de cette baisse d'activité le 19 novembre lors d'un comité stratégique, et a notamment fait état, dans un document dont l'AFP a obtenu copie, de «10.000 emplois industriels en risque dans la filière, plus de 15.000 au total, sans compter la baisse d'activité induite dans les services de proximité», confirmant une information des Echos. «Pour l'ensemble des activités ferroviaires en matériel roulant (hors matériel urbain et péri-urbain), le chiffre d'affaires France passe de 1,4 milliard d'euros en 2013 à 300 millions d'euros en 2018... tandis que l'activité rénovation reste très limitée, et l'activité "services" reste nulle», anticipe la FIF.

Aux pouvoirs public d'agir

Concernant les TGV, l'activité «fléchit à partir de 2017 pour devenir nulle en 2019», et il n'y a «plus d'activité pour l'ingénierie à partir de 2015». Pour les trains Intercités, TER et Transilien, l'activité «s'écroule dès 2016 pour devenir quasiment nulle en 2017, aucune perspective». La construction de locomotives est «nulle depuis 2013, aucune perspective», celle de voitures, tractées par ces locomotives, est «nulle depuis une longue période», et celle de wagons de marchandises, «très limitée». Le transport urbain connaît également une activité faible, seules les commandes de métros restent stables.

Les usines Alstom de Belfort, Aytré (Charente-Maritime) et Reichshoffen (Bas-Rhin) verraient notamment leur activité chuter. D'après l'état actuel des commandes, la FIF souligne qu'il n'y aura «plus d'activité sur Belfort à la fin du programme TGV en cours», et qu'«à la fin du TGV, Aytré n'a plus que du (tramway) Citadis». L'usine du constructeur Bombardier à Crespin (Nord) «a une charge en chute libre dès fin 2015, idem pour Reichsoffen», ajoute la FIF.

La fédération a notamment appelé les pouvoirs publics à lever des options sur des contrats de TER, à transférer sur 2016-2017 une partie de la charge de 2014-2015, à maintenir un niveau minimum de production de TGV, mais aussi à définir les rénovations de lignes ferroviaires, les constructions de lignes à grande vitesse, ou relancer le fret ferroviaire.