En rachetant Friends, Aviva veut créer un géant de l'assurance britannique

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Aviva veut créer un géant britannique de l'assurance en rachetant son homologue Friends Life pour l'équivalent de près de 7 milliards d'euros, afin d'exploiter au mieux les changements à l'oeuvre sur le marché des pensions de retraite
Aviva veut créer un géant britannique de l'assurance en rachetant son homologue Friends Life pour l'équivalent de près de 7 milliards d'euros, afin d'exploiter au mieux les changements à l'oeuvre sur le marché des pensions de retraite — Ben Stansall AFP

Aviva veut créer un géant britannique de l'assurance en rachetant son homologue Friends Life pour l'équivalent de près de 7 milliards d'euros, afin d'exploiter au mieux les changements à l'oeuvre sur le marché des pensions de retraite.

Le numéro deux britannique du secteur, derrière Prudential, a voulu mettre fin à des spéculations en annonçant après la clôture de la Bourse de Londres vendredi que son conseil d'administration s'était mis d'accord avec celui de Friends Life.

Selon les termes évoqués par les deux groupes, Aviva proposerait aux actionnaires de Friends Life 0,74 titre Aviva pour chaque titre Friends en leur possession. Sur cette base, l'action Friends vaudrait 398,9 pence, soit 15% de plus que son cours de clôture vendredi, ce qui valoriserait le groupe acquis à hauteur de quelque 5,5 milliards de livres (près de 7 milliards d'euros).

Il s'agirait de la principale opération de consolidation dans le secteur de l'assurance au Royaume-Uni, depuis la fusion de CGU et Norwich Union il y a près de 15 ans qui avait donné naissance à Aviva.

Aviva a maintenant jusqu'au 19 décembre pour déposer une offre formelle, ou pour renoncer à cette opération, qui sera quoi qu'il arrive soumise à l'approbation des actionnaires de Friends Life et à celle des autorités de régulation.

Le groupe, qui pèse trois fois plus lourd que sa cible sur le marché, a précisé que l'ensemble fusionné compterait 16 millions de clients rien qu'au Royaume-Uni où il deviendrait «le leader dans le domaine de l’assurance, de l’épargne et de la gestion d'actifs en terme de nombre de clients».

Friends Life compte quelque 5 millions de clients, essentiellement britanniques, alors qu'Aviva, beaucoup plus international, totalise lui 31 millions de clients dans une quinzaine de pays du monde.

Aviva a souligné que l'ensemble fusionné serait «mieux placé pour tirer profit de l'évolution du marché britannique de l'assurance-vie, avec une plus grande capacité d'investissement et d'innovation».

Le Times a affirmé qu'Aviva était particulièrement intéressé par le portefeuille de 68 milliards de livres dont dispose Friends Life en fonds fermés dans l'assurance vie, qui d'après le quotidien génèrerait quelque 2 milliards de livres de liquidités par an.

Aviva jugerait aussi Friends Life bien placé pour tirer avantage de la nouvelle donne sur le marché des pensions entraînée par des réformes présentées cette année par le chancelier de l'Echiquier, George Osborne.

En vertu de nouvelles règles, les retraités ne vont entre autres plus être contraints d'investir dans de nouvelles rentes viagères, ce qui fait miroiter la réorientation de masses d'épargne pour les assureurs.

L'intégration des actifs gérés par Friends Life permettrait par ailleurs à Aviva de doubler son portefeuille de pensions d'entreprise.

Des investisseurs pourraient toutefois être désorientés par cette opération qui concentrerait davantage Aviva sur le marché britannique, aussi le groupe a-t-il promis «des synergies génératrices de liquidités». Il a souligné que la nouvelle entité pourrait «mettre fin à des redondances», sans préciser davantage.

Cette opération constituerait néanmoins un pari audacieux de Mark Wilson, le directeur général d'Aviva, arrivé début 2013 après une fronde des actionnaires contre les mauvaises performances de l'ancienne direction.

M. Wilson a depuis restructuré Aviva, vendant des activités et supprimant des emplois, et les performances du groupe - mesurées par l'indicateur clé des affaires nouvelles - se sont améliorées en Asie et en Europe continentale, mais restent déclinantes au Royaume-Uni, d'après ses résultats financiers des neuf premiers mois publiés fin octobre.