La macroéconomie pourrait sortir la Bourse de Paris de son atonie

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Le Palais Brongniart, ancien siège de la Bourse de Paris, le 2 juin 2014
Le Palais Brongniart, ancien siège de la Bourse de Paris, le 2 juin 2014 — Eric Piermont AFP

La Bourse de Paris, qui achève une semaine sans relief, s'apprête à vivre la semaine prochaine au rythme des indicateurs économiques et des banques centrales, dont certaines vont publier le compte rendu de leurs dernières réunions.

Au cours de la semaine écoulée, l'indice CAC 40 a pris 0,30% pour terminer vendredi, à 4.202,46 points. Depuis le 1er janvier, ses pertes s'élèvent à 2,18%.

La cote parisienne n'a pas trouvé de quoi rebondir significativement au cours d'une semaine marquée par un jour férié en France mardi, le marché étant toutefois resté ouvert.

La semaine a été «un peu creuse en terme de publications économiques» avec en outre une partie des marchés fermés aux Etats-Unis mardi pour un jour férié également, dit Jean-Louis Mourier, un économiste du courtier Aurel BGC.

La première estimation de la croissance en zone euro pour le troisième trimestre, avec des chiffres également en France et en Allemagne, a constitué le point d'orgue de la semaine écoulée.

- L'Allemagne évite de peu la récession -

La France a affiché au troisième trimestre une croissance de 0,3%, un chiffre meilleur que prévu, tandis que l'Allemagne a évité de justesse la récession, avec un PIB à +0,1%. Le PIB de la zone euro a progressé de 0,2% au troisième trimestre, une croissance légèrement meilleure qu'attendu, tandis que l'inflation a légèrement accéléré en octobre à 0,4%.

Ces chiffres n'ont «pas beaucoup fait réagir sur les marchés», avec des investisseurs qui «sont un peu prudents», poursuit M. Mourier, qui indique que le CAC 40 tourne autour des 4.200 points sans véritable argument pour progresser ou reculer plus nettement.

Côté entreprises, certaines publications ont entraîné de fortes variations des cours, à l'image d'Eiffage qui a perdu jeudi plus de 9% à la clôture après un avertissement sur son activité en 2014.

La semaine prochaine, l'actualité des sociétés devrait être éclipsée par la macroéconomie qui revient sur le devant de la scène.

Dans ce contexte, le marché va peut-être «retrouver un peu de volumes», indique M. Mourier.

Une série de statistiques est attendue des deux côtés de l'Atlantique, avec notamment des indicateurs d'activité en France et aux Etats-Unis, ainsi que le baromètre ZEW de la confiance des milieux financiers en Allemagne.

«En zone euro, les indicateurs d'activité et le baromètre ZEW permettront de savoir si la faiblesse de l'euro et des prix de l'énergie ont finalement commencé à soutenir l'économie», estiment dans une note les économistes du bancassureur néerlandais ING, qui s'attendent toutefois à «de très modestes améliorations».

Toujours dépendants de la communication des banques centrales, les investisseurs vont en ouvre suivre de près les compte-rendus des dernières réunions de la banque centrale américaine (Fed) et de la Banque d'Angleterre (BOE) mercredi.

«Le marché devrait se focaliser» sur le rapport de la Fed, à la recherche «d'indices sur la façon dont les membres voient l'évolution de la politique monétaire», poursuit ING.

De son côté, la Banque centrale européenne (BCE) ne sera pas en reste avec près d'un discours par jour d'un membre de l'établissement monétaire à l'occasion d'une «conférence à Francfort, ce qui alimentera les spéculations sur les possible prochaines décisions de la BCE», font par ailleurs remarquer les économistes d'ING.

Le «contexte défavorable maintient la pression sur la BCE qui devrait ajouter de nouvelles mesures à celles déjà adoptées», prévoient d'ailleurs les stratégistes de Crédit Mutuel-CIC.

La BCE a déjà lancé un programme de rachat d'actifs ciblé mais certains en attendent plus de la part de l'institution de Francfort et notamment des rachats de dettes souveraines pour soutenir l'économie de la zone euro.

Euronext (CAC 40)