Chute du Mur de Berlin: La réunification économique inachevée en 5 chiffres

ALLEMAGNE Emploi, revenus, tourisme: zoom sur 5 chiffre clés de l'économie allemande à l’occasion du 25e anniversaire de la chute du mur qui conduisit un an plus tard à la réunification du pays…

C.P.

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Un «Trabi Safari Tour» à Berlin en 2007.
Un «Trabi Safari Tour» à Berlin en 2007. — SETBOUN MICHEL/SIPA

Le 9 novembre 1989 le mur de Berlin tombait mettant fin à 38 ans de partition du pays. A 25 ans après,, 20 Minutes a sélectionné cinq indicateurs qui illustrent la métamorphose économique de l'Allemagne réunifiée.

Des transferts Ouest-Est impressionnants

2.000 milliards d'euros: C’est le coût de la réunification pour l’ex-Allemagne de l’ouest (RFA) selon des économistes de l'association de recherche berlinoise SED-Staat. Un coût impressionnant dont 65% s’expliqueraient par la différence entre les aides perçues par les habitants de l’ex-RDA  et les impôts qu'ils ont versés en raison de leur moindre niveau de vie.

Un marché de l'emploi record toujours contrasté

41,6 millions d'actifs: c'est le record enregistré en Allemagne en 2012, soit 3 millions de plus qu'en 1991, avec un taux de chômage de moyen de 6,8%. Le taux chômage dans les länder (Etats) de l’ex-RDA (Saxe, Saxe-Anhalt, Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, Thuringe ainsi qu'à Brandebourg et Berlin) lui est passé de 18,7 % à 10,3% entre 2003 et 2011. En revanche, le volume global d'heures travaillées est passé sur la même période de 60,08 milliards d'heures (soit en moyenne 1 552 heures par actif)  à 57,97 milliards (1393,3 heures) notamment en raison du développement des emplois à temps partiel,

Des écarts de revenus réduits mais toujours réels

Le produit intérieur brut par habitant des nouveaux Länder a doublé entre 1991 et 2009 passant de 9.751 euros à 19.500 euros en 2009, tandis qu'il ne  progressait que de 12% dans l'ex-RFA. Et entre 2005 et 2011, les revenus bruts mensuels des foyers dans les Etats de l’ex-RDA ont augmenté de près de 300 euros, passant à 3.080 euros en 2011 contre 2.766 euros en 2005 selon les derniers chiffres de l'Office fédéral des statistiques Destatis. Toutefois, les écarts de salaires restent marqués: en 2010, 22% des salariés d'ex-RDA gagnaient moins de 8,50 euros, contre seulement 11% en moyenne au niveau national. Par ailleurs,le revenu moyen d'un ménage allemand a baissé de 3% depuis l'an 2000 sous la pression de la modération salariale. La baisse a même atteint 5% pour les 10% les plus pauvres, selon l'Institut de recherches DIW.

Un besoin accru de migrants étrangers

En 2013, l'Allemagne a enregistré un  solde migratoire positif (la différence entre le nombre de personnes s’installant dans le pays et le nombre de personnes le quittant) de +400.000 personnes selon Destatis. Une première depuis vingt ans. En 2012, le pays avait déjà dû accueillir plus d’un million de migrants étrangers (essentiellement européens) (un record en Europe) pour compenser le vieillissement accéléré et la natalité déclinante du pays. A l'exception de Berlin, c'est dans l'Ouest du pays que l'immense majorité de ces travailleurs étrangers s'installent.

Une nouvelle destination touristique

Avec 70 millions de nuitées, l'Allemagne a battu un record de fréquentation hôtelière en 2013. Depuis la Coupe du Monde de football 2006, le pays a connu une hausse constante de sa fréquentation qui lui a permis de se hisser parmi les premières destinations touristiques européennes. Et en la matière l'ex-RDA tire son épingle du jeu: au niveau régional, c'est le Mecklembourg-Poméranie occidentale, situé tout au Nord du pays, qui affiche le plus grand nombre de nuitées. Côté ville, Berlin s'affirme années après années comme la destination star. En 2013, elle a inscrit un nouveau record avec 11,3 millions de visiteurs (+4,4% par rapport à 2012) et 27 millions de nuitées (+8,2%), selon l'office statistique régional.