«Français, bougeons-nous!»: On a lu pour vous le livre de Pierre Gattaz

BONNES FEUILLES Le président du Medef y présente son projet économique et social pour la France…

Bertrand de Volontat
Le patron du Medef, Pierre Gattaz, lors de sa conférence de presse du 14 octobre 2014 à Paris
Le patron du Medef, Pierre Gattaz, lors de sa conférence de presse du 14 octobre 2014 à Paris — Eric Piermont AFP

Le président du Medef Pierre Gattaz a deux obsessions, mais pas n’importe lesquelles: la croissance et l’emploi. Dans Français, Bougeons-nous!, son livre qui paraît cette semaine aux éditions du Nouveau Monde (14,90 euros), il exhorte à la première personne la France à jouer sur ses atouts pour décoller. 20 Minutes vous en présente les grands axes.

Le patron des patrons l'avoue, il est inquiet. Pourquoi la France est-elle inerte? «Car elle est toujours empêtrée dans ses dogmes». Un mot que Pierre Gattaz tient en aversion. A ce titre, l’auteur évoque parmi les fléaux typiquement français «le trotskisme masqué mais très persistant, sans doute l’élément le plus démotivant pour les forces vives de notre pays.»

La sphère politique coupable… jusqu’à maintenant?

Dès son premier chapitre, le patron s’en prend directement à une partie des syndicats, accusée de bloquer le dialogue social: «Comment peut-on discuter […] avec certains syndicats dont la doctrine s’inspire du communisme ou de l’extrême gauche?» «Comment, au XXIe siècle, peut-on encore utiliser des expressions comme "cadeau aux entreprises" ou "cadeau aux patrons"? […] Navrant». Pour Pierre Gattaz, de ce blocage naît le poids qui pèse sur le pays. «Il ne faut pas s’étonner du pessimisme des Français», affirme l’auteur. 20 Minutes se posait pourtant la question il y a encore peu.

Il ne mâche pas ses mots contre la sphère politique, de droite et de gauche. «Aucun gouvernement n’a eu le courage d’engager de réformes des structures. C’est la principale cause de rupture avec les Français dans une société qui a beaucoup bougé».

Pourquoi est-ce si dur de réformer? «La France est un pays très attaché à ses privilèges», répond Gattaz, citant intérêt individuel et corporatisme comme exemples de blocage. Mais pas seulement. «L’absence de culture économique chez nos responsables» est une autre cause. «Mesdames et messieurs les ministres et les députés, voyagez un peu, la mondialisation ne se fait plus à 5 mais à 150. Depuis la fin des Trente Glorieuses, notre pays n’a plus d’ambition» et «c’est là tout le sens du projet "France 2020" que j’ai lancé avec le Medef».

Mais l’heure serait au changement, à en croire l'auteur. «Le président Hollande semble avoir compris avec l’annonce du pacte de responsabilité.» Et «L’ode à l’entreprise de Manuel Valls le 27 août dernier est-elle le déclic tant attendu? […] J’ose l’espérer.»

L’emploi, l’objectif de toute la réflexion

Toute cette problématique politicienne pour aborder le point central de sa réflexion: l’emploi. «J’ai toujours été traumatisé par le chômage», écrit-il. «Créer un million d’emplois doit être un projet partagé par tous. Le chômage est le pire des fléaux.»

Pour Pierre Gattaz, l’équation est simple. «Seule l’entreprise est en mesure de relever les grands défis de la croissance et de l’emploi. L’Etat doit s’engager à mettre en place un terreau favorable à la création et au développement des entreprises en stabilisant l’environnement réglementaire et fiscal».

Des mesures étatiques qui ne doivent pas éluder le réel point de blocage, à savoir «la peur des patrons d’embaucher parce qu’ils ont peur de licencier». «Résultat, le patron utilise tous les stratagèmes pour éviter le CDI». Le patron du Medef estime pour cela nécessaire de réhabiliter la «valeur travail» car «on ne redira jamais assez combien la loi sur les 35 heures a été destructrice pour notre pays.» Et pour cela… il rêve «de pouvoir en discuter avec les partenaires sociaux».