Bruxelles ne va pas retoquer le budget 2015 de la France

BUDGET Michel Sapin avait apporté quelques «précisions» lundi après-midi...

Vincent Vantighem

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Le ministre des Finances Michel Sapin le 22 octobre 2014 à l'Assemblée nationale à Paris
Le ministre des Finances Michel Sapin le 22 octobre 2014 à l'Assemblée nationale à Paris — Eric Feferberg AFP

Et au final, ça passe. Bruxelles ne va pas retoquer le budget de la France pour 2015, indique ce mardi après-midi, l'Agence France Presse, se basant sur plusieurs sources. Lundi, Michel Sapin avait indiqué avoir apporté des «précisions» et des «mesures nouvelles» permettant de réduire le déficit public de 3,6 milliards d'euros de plus que prévu initialement.

«Aucun budget ne sera rejeté», a confié une source européenne à l'AFP. Les mesures annoncées par Paris et Rome «ont donné satisfaction», a ajouté une autre source. «On a désamorcé la crise», a renchéri une autre source communautaire.

Bruxelles avait écrit à Michel Sapin

Vendredi, La Commission européenne avait réclamé fermement des explications à la France sur son projet de budget 2015, même si elle entend poursuivre un «dialogue constructif» avec Paris, dans une lettre au ministre des Finances Michel apin, publiée vendredi par Mediapart.

>> Eclairage: Bruxelles exige des explications

«Je vous écris pour vous demander les raisons qui ont conduit la France à dévier des objectifs budgétaires fixés par le Conseil, en ce qui concerne à la fois le déficit public et l'ajustement de l'équilibre budgétaire structurel en 2015», écrivait le commissaire européen aux Affaires économiques et budgétaires Jyrki Katainen.

3,6 milliards d'euros gagnés sur le déficit

Critiqué sur le sujet, Michel Sapin avait donc apporté, lundi quelques précisions. Des «bonnes nouvelles» dues notamment à la baisse des taux d'intérêt qui allège le coût de la dette. D'autres mesures liées à la lutte contre la fraude et l'optimisation fiscale, entraîneront une réduction du déficit structurel (hors effets de la conjoncture) de plus de 0,5 point de Produit intérieur brut entre 2014 et 2015, avait précisé le ministre.

Le tout pour un effet total de «3,6 à 3,7 milliards» d'euros sur le déficit de l'Etat, de la protection sociale et des collectivités territoriales, sous l'effet de recettes supplémentaires ou de dépenses réduites, a indiqué le ministre.