Michel Sapin: «Il faut une capacité de financement pour que les futurs grands du web soient Français»

INTERVIEW Au lendemain de l'inauguration de la Hall Freyssinet par François Hollande, Michel Sapin en visite dans un incubateur d'entreprises, a répondu aux questions de «20 Minutes»...

Propos recueillis par Romain Lescurieux

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Michel Sapin en visite dans un incubateur d'entreprises au Kremlin-Bicêtre
Michel Sapin en visite dans un incubateur d'entreprises au Kremlin-Bicêtre — SIPA PRESS

Ce jeudi, Michel Sapin, le ministre des Finances s’est rendu dans les locaux de la Creative Valley - un incubateur d’entreprises situé au Kremlin-Bicêtre - pour encourager des entrepreneurs et les aider à se développer grâce au lancement d’un fonds d’investissement de 100 millions d’euros. Pour 20 Minutes, il revient sur sa visite et cette initiative en faveur de l'économie numérique.

François Hollande à la halle Freyssinet mercredi, vous à la Créative Valley ce jeudi, le développement des start-up en France est-elle devenu une priorité du gouvernement?

C’est une des forces de la France et nous en avons beaucoup. Il faut donc les encourager. Mais l’une de leur faiblesse est leur difficulté à se développer. Les «Google» de demain sont sûrement ici. Mais vont-ils devenir Google en France ou en Europe? Le risque c’est qu’ils le deviennent ailleurs. L’intelligence peut s’exporter mais il faut développer le plus possible de start-up chez nous. Et ce maillon de la chaîne est trop faible, il faut donc le renforcer avec une capacité de financement pour que les futurs grands du web soient Français.

C’est l’objectif des 100 millions d’euros qui vont être levés via un fonds d’investissement  ici à la Creative Valley du Kremlin Bicêtre ?

Toutes ces petites entreprises essaient de trouver les modalités de financement pour se développer et devenir grandes. Mais ce passage est compliqué. La Créative Valley est un lieu animé qui accueille et apporte des connexions, une capacité matérielle mais aussi un environnement d’accompagnement et de conseils et tente d’apporter les financements nécessaires pour se développer. D’où ces 100 millions d’investissement pour appuyer ces jeunes pousses.

Ces dernières années, la France a pris du retard dans l’économie numérique, vous essayez désormais de le rattraper?

Oui, nous avons pris du retard et les autres ont pris de l’avance. Notamment les Etats-Unis qui ont racheté certains de nos brevets et ont incité nos esprits intelligents à s’installer dans leur écosystème, qui est attractif. Nous devons désormais faire la même chose et être capable de développer nos propres initiatives pour maintenir nos esprits avec des emplois qui vont avec.

Une fuite des cerveaux est souvent évoquée. Ces initiatives ont donc pour but de les faire revenir tout en retenant les prochains?

Qu’il y ait de la mobilité, ça va avec ce secteur. Ce sont des activités qui n’ont pas de frontières. Nous ne pouvons pas imaginer que ceux qui innovent s’enferment dans une pièce et n’en bougent plus. Les échanges sont importants mais je souhaite que ceux qui partent aient envie de revenir développer sur le territoire français. Je suis pour l’échange.

Vous avez été qualifié cet été de ministre anti-geek qui n'aime pas Twitter, c’est désormais du passé?
Twitter est souvent utilisé comme un café du commerce mais il peut aussi l’être de manière utile et vivante, moins formelle que les médias classiques. D’ailleurs depuis mon arrivée, mon ministère tweete. Un outil peut être intelligent sans être toujours intelligemment utilisé. C’est ce que je décrivais. Mais la technologie elle-même est une très bonne chose.