La France a reçu une lettre de Bruxelles, mais elle n'ira pas au-delà des 21 milliards d'euros d'économies

EUROPE La Commission européenne a demandé des précisions à la France, assure François Hollande...

N.Beu. avec AFP

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Le président français François Hollande à Bruxelles le 23 octobre 2014
Le président français François Hollande à Bruxelles le 23 octobre 2014 — Emmanuel Dunand AFP

Paris et Bruxelles réhabilitent l'échange épistolaire. Alors que Michel Sapin a remis la semaine dernière le budget français pour 2015 à Bruxelles, François Hollande précise ce vendredi qu'il a bien reçu une lettre de la Commission européenne en guise de réponse. Une missive dans laquelle cette dernière demande «des précisions» et à laquelle la France répondra «à la fin de la semaine».

«C'est une lettre très banale», conforme «à la procédure» et «qui n'a pas de grande signification au-delà de demander un certain nombre d'informations et de précisions», a déclaré Hollande lors d'une conférence de presse au sommet de Bruxelles. «Il faudra donner notre réponse à la fin de la semaine, ce que nous ferons», a-t-il ajouté en précisant que «le dialogue se poursuit dans de très bonnes conditions» avec Bruxelles.

Le cas français très sensible

Rappelant que la France entendait respecter ses «engagements européens mais avec le maximum de flexibilité», il a aussi indiqué qu'elle n'irait pas au-delà des 21 milliards d'euros d'économies prévus dans son budget 2015. «Les économies, nous les avons présentées» et elles s'élèvent à «21 milliards d'euros en 2015», a insisté le président français. «On peut voir comment on peut mieux mobiliser certaines ressources, mieux calculer certaines dépenses, mais il n'y aura pas de modifications sur ce point», a assuré Hollande.

Outre la France, quatre autres pays de la zone euro ont reçu des courriers de Bruxelles: l'Italie, la France, l'Autriche, la Slovénie et Malte. Seule l'Italie a rendu le document public. A son arrivée à Bruxelles, Hollande avait réaffirmé que la croissance restait l'objectif «prioritaire» de la France. «Rien ne nous fera dévier de cet objectif. Cela vaut pour l'interprétation de notre propre budget, qui respectera les règles avec un maximum de flexibilité, mais aussi pour l'objectif de croissance», a-t-il dit.

Le cas de la France est particulièrement sensible. Son projet de budget prévoit en effet un déficit à 4,3% du PIB en 2015, loin des 3% auxquels Paris s'était engagé. Même en termes structurels (sans les effets de la conjoncture), le compte n'y est pas, avec un effort structurel de seulement 0,2%.