Michel Sapin mise sur une Silicon Valley à la française

ECONOMIE Le ministre des Finances Michel Sapin s’est rendu ce jeudi au Kremlin-Bicêtre pour encourager l’incubateur d’entreprises, Creative Valley…

Romain Lescurieux

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Michel Sapin a visité les start-up de l'incubateur Creative Valley
Michel Sapin a visité les start-up de l'incubateur Creative Valley — Romain Lescurieux

«Oui, je veux bien décoller», répond Michel Sapin à un développeur de jeux vidéo. «Mais vous savez, en politique, le plus difficile c’est l’atterrissage», s’exclame-t-il, un casque sur la tête. Rire général.

Ce jeudi, le ministre des Finances s’est rendu dans les locaux de la Creative Valley -un incubateur d’entreprises situé au Kremlin-Bicêtre-  pour encourager des entrepreneurs et les aider à se développer grâce au lancement d’un fonds d’investissement de 100 millions d’euros.

«Notre but est de rester en France»

«Cette visite nous encourage car notre initiative prend désormais de l’ampleur. D’autant que nous avons la volonté d’ouvrir douze centres de ce type en Ile-de-France», explique dans ses locaux, Yann Gozlan, président de l’association Creative Valley. Cette expérience locale vise depuis plus de deux ans à faire le lien entre le programme pédagogique des écoles d’informatique françaises (Epitech, Ecole 42) et le monde professionnel dans le domaine numérique.

Objets connectés, réalité augmentée ou encore e-commerce, une trentaine de start-up pour 150 personnes sont sur place pour se développer dans un univers propice. Si tous contribuent à faire vivre un écosystème entrepreneurial -à l’image de ceux légendaire, constitués autour d’Harvard ou M.I.T- ils n’en restent pas moins très attachés à l’Hexagone. 

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«Notre but est de rester en France mais ne pas se limiter au marché français. En fait, nous essayons de créer en France les outils qui existent aux Etats-Unis et qui nous permettent de se développer ici. Après, nous ne sommes pas fermés. La Silicon Valley reste très attirante», reconnaît Guillaume Boiret, délégué aux partenariats de l’incubateur. Après avoir visité six start-up de la pépinière, le ministre des Finances a ainsi tenu à féliciter ces «jeunes pousses».

«Nous devons être capables de développer nos propres initiatives»

«Au-delà de l’engouement, il y a toujours un moment où on se confronte à l’argent», a déclaré Michel Sapin. «Et si je ne comprends pas toujours votre univers, les financements par contre je connais», a-t-il ajouté. En lançant un fonds d’investissement de 100 millions d’euros, le ministre souhaite ainsi le développement de ces start-up «innovantes» pour «qu’elles se maintiennent en France, pour créer de l’emploi, de la croissance. Et donc de la richesse», a-t-il dit.

Au lendemain de la visite de François Hollande à la Halle Freyssinet, Michel Sapin a également voulu montrer que le gouvernement était désormais mobilisé en faveur de l’économie numérique. «Nous avons pris du retard et les autres ont pris de l’avance», a-t-il reconnu auprès de 20 Minutes. «Les Etats-Unis ont beaucoup incité nos esprits intelligents à s’installer dans leur écosystème. Mais nous devons désormais faire la même chose et être capable de développer nos propres initiatives pour maintenir nos esprits avec des emplois qui vont avec», a-t-il commenté.