General Motors montre des signes de sortie de la crise des rappels

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Le siège de General Motors à Detroit, au Michigan. Le constructeur automobile a évalué à 19 le nombre de décès dans l'affaire des rappels tardifs de véhicules munis d'un commutateur d'allumage défaillant
Le siège de General Motors à Detroit, au Michigan. Le constructeur automobile a évalué à 19 le nombre de décès dans l'affaire des rappels tardifs de véhicules munis d'un commutateur d'allumage défaillant — Stan Honda AFP

La directrice générale de General Motors, Mary Barra, peut souffler: pour la première fois le constructeur automobile a montré jeudi des signes de sortie de la crise des rappels de voitures dans laquelle il est englué depuis le début de l'année.

Le premier groupe automobile américain a dégagé au troisième trimestre un bénéfice net de 1,5 milliard de dollars, en baisse de 14,3% sur un an.

Ce qui fait ressortir un bénéfice par action hors éléments exceptionnels, référence aux Etats-Unis, de 97 cents, soit mieux que les 95 cents attendus en moyenne par les analystes.

C'est la première fois que l'argent gagné par GM ne s'évapore pas dans les réparations d'environ 30 millions de véhicules rappelés depuis janvier pour des problèmes variés et souvent mineurs.

Pour le groupe, c'est une bonne nouvelle au moment où Mme Barra essaie de rassurer sur l'avenir du groupe, alors que les investisseurs commencent à perdre patience.

Après être descendu récemment sous les 30 dollars, le titre bondissait de 1,93% à 31,92 dollars dans les premiers échanges à Wall Street.

«De solides ventes et une hausse des marges en Amérique du Nord et en Chine ont tiré les résultats», s'est réjoui Mary Barra.

Sur le trimestre, GM a vendu 2,45 millions de voitures (+2% sur un an), soit ses meilleures ventes depuis 1980 à cette période de l'année, affirme-t-il.

Le chiffre d'affaires a légèrement progressé de 0,6% sur un an à 39,3 milliards, mais néanmoins en-dessous des 39,8 milliards attendus.

«Les rappels n'ont pas eu d'impact matériel sur les ventes», a souligné le directeur financier Chuck Stevens lors d'une téléconférence.

GM semble sortir de la crise provoquée par le rappel tardif de 2,6 millions de voitures en Amérique du Nord en début d'année et qui a plombé ses comptes du premier semestre. Pour l'instant, 29 morts sont liées à ces rappels, selon son propre décompte.

Cette affaire lui vaut des enquêtes et des plaintes aux Etats-Unis. La facture s'élève actuellement à 2,5 milliards de dollars pour les réparations et à 600 millions de dollars pour l'indemnisation prévue de victimes.

- Amérique du nord et Chine -

Début octobre, Mme Barra avait promis une hausse à court terme des marges opérationnelles en Amérique du Nord à 10% contre 7,8% en 2013. Ce qui paraît être en bonne voie.

Cette région reste le premier gros contributeur aux bénéfices, une bonne santé qui s'explique par les prix élevés des SUV (4X4 de ville) et des camionnettes à plateau.

Et le constructeur a continué de se renforcer en Chine, premier marché mondial. Il mise sur le lancement en cours de la Buick Envision et de la marque Cadillac pour atteindre des marges de 9 à 10%.

Mais les choses restent difficiles dans d'autres régions du monde, notamment en Europe où le constructeur prévoit de renouer avec les bénéfices en 2016. En attendant, il a creusé ses pertes à 387 millions de dollars, contre 238 millions un an plus tôt.

Autrefois présenté comme son relais de croissance dans la région, la Russie s'est transformée en gouffre financier. GM a même inscrit une charge de 200 millions de dollars dans ses comptes trimestriels liés à ses opérations russes.

«Nous sommes en train de prendre des mesures» pour limiter les dégâts, a confié Chuck Stevens, citant notamment un changement de l'équipe dirigeante.

GM est aussi en train de lancer de nouveaux modèles des citadines Opel Corsa et Opel Astra, et de procéder à une réduction de capacités et d'autres frais administratifs et marketing.

En Amérique du sud, si GM a réduit ses pertes à 32 millions de dollars (284 millions de dollars un an plus tôt), il reste confronté à une baisse de la demande au Brésil et en Argentine et à des effets de change défavorables au Venezuela.