Les grévistes devront se serrer la ceinture

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Inflexible. Alors que le mouvement contre la réforme des retraites semble ralentir, le gouvernement a tranché : il ne négociera pas l’après-grève. La loi, rien que la loi : pas question d’étaler, plus que ne le précisent les textes, les retenues sur salaire. Les grévistes verront donc leurs prochaines fiches de paie lourdement amputées. Jusqu’à devenir nulles, en théorie, pour certains enseignants. Dans l’Education nationale, une heure de cours non assurée entraîne un jour de retenue, soit un trentième du salaire. Et depuis un arrêt du Conseil d’Etat de 1978, les jours compris entre deux grèves peuvent également être retenus, congés et week-ends compris. Exemple : si un enseignant a fait grève la veille des vacances de printemps, puis le jour de la rentrée, la période de congé pourra elle aussi être retenue sur son salaire. Un coup dur, d’autant que les retenues pour le mois de mai devraient être effectuées sur la paie de juin, déjà allégée. En signe de protestation, les syndicats ont quitté une table ronde organisée, hier, au ministère. Dans les transports, la fermeté est elle aussi de mise. A la SNCF, les retenues ne devraient pas s’étaler au-delà des trois prochaines feuilles de paie. Elles porteraient, à chaque échéance, sur trois à cinq jours de grève. Pas question, à la SNCF comme à la RATP, d’en comptabiliser certains comme du repos, comme cela avait été le cas après le mouvement de 1995. « La situation est différente, puisque nous ne sommes pas concernés par le projet de loi », résume-t-on à la RATP.

les chiffres 40 jours : selon les syndicats, c’est ce que de nombreux enseignants pourraient voir retenu sur leurs feuilles de paie. 4 à 12 % de grévistes à l’Education nationale, hier, selon les différentes catégories de personnel. Au mois de mai, ce taux atteignait 30 à 40 %. 8 % du personnel de la SNCF a répondu à l’appel à la grève d’hier. Ils étaient 28 % le 10 juin, et 60 % le 13 mai. 200 millions d’euros : c’est, selon le ministre des Transports, Gilles de Robien, le coût des grèves pour la RATP et la SNCF.