Bolloré veut resserrer son contrôle sur Havas

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Le groupe Bolloré s'apprête à renforcer son contrôle sur Havas
Le groupe Bolloré s'apprête à renforcer son contrôle sur Havas — Joel Saget, Eric Piermont AFP

L'homme d'affaires breton Vincent Bolloré s'apprête à renforcer son contrôle sur le groupe de publicité Havas sur lequel il va lancer une offre publique d'échange (OPE), relançant par la même occasion les spéculations sur son appétit pour un plus gros morceau encore, le géant Vivendi.

Le groupe diversifié Bolloré, qu'il dirige, est actuellement le premier actionnaire d'Havas avec 36,2% du capital.

L'OPE amicale annoncée vendredi doit lui permettre d'acquérir une «majorité significative du capital» d'Havas, tout en laissant ce dernier coté à la Bourse de Paris.

L'opération a été favorablement accueillie par le conseil d'administration d'Havas, présidé par l'un des fils de Vincent Bolloré, Yannick.

Entré dans Havas en 2004, Vincent Bolloré avait mené une lutte d'un an à Alain de Pouzilhac dont il triomphera en le poussant à la démission de son poste de président en juin 2005.

Bolloré a ensuite progressivement renforcé son étreinte jusqu'à l'accession de Yannick Bolloré à la direction opérationnelle du groupe publicitaire en août 2013.

Havas a enregistré un bénéfice net 2013 en progression de 1,6% en un an, à 128 millions d'euros, en dépit d'une légère baisse de son chiffre d'affaires à 1,7 milliard d'euros.

Préalablement à l'OPE, Bolloré va diviser la valeur de son action par cent. Ces nouvelles actions seront proposées ensuite aux actionnaires d'Havas à raison de 9 actions Bolloré pour 5 actions Havas.

Cette parité induit une prime de 19,5% pour les actionnaires d'Havas.

Les actions d'Havas et de Bolloré avaient été suspendues vers 16h00 à la bourse de Paris «dans l'attente d'un communiqué».

Bolloré prenait alors 3,10% à 378,85 euros et Havas 1,89% à 5,71 euros.

«Il n'y aura pas d'impact social compte tenu des activités spécifiques de chacun des deux groupes», a assuré Yannick Bolloré, en faisant référence aux métiers très distincts des deux entités.

Le conseil de surveillance d'Havas se réunira à nouveau en novembre pour se prononcer à propos de l'offre, a précisé son président, qui s'est dit convaincu que la montée au capital menée par Bolloré «allait renforcer encore plus le développement» de l'entreprise.

Le groupe Bolloré a par ailleurs affirmé qu'il allait désormais augmenter son dividende pour offrir à ses actionnaires un rendement équivalent à celui qu'offre actuellement le titre Havas.

Son directeur général Gilles Alix a souligné lors d'une conférence téléphonique que si l'OPE visait l'ensemble des titres d'Havas actuellement non détenus par Vincent Bolloré, elle serait considérée comme réussie dès lors que le seuil de 50% du capital aura été dépassé.

«Nous avons souhaité offrir l'opportunité aux actionnaires de Havas qui le désirent d'échanger leurs titres pour ceux du groupe Bolloré, un groupe diversifié dans des métiers en croissance comme les transports et le stockage d’électricité», a-t-il résumé.

«Une assemblée générale du groupe Bolloré pour décider d'une éventuelle augmentation de capital nécessaire afin de financer l'opération se tiendra fin novembre, avec une ouverture de l'offre début décembre et un résultat escompté fin janvier», a expliqué M. Alix.

- L'hypothèse Vivendi -

Cette opération dans la publicité ne va pas manquer de relancer les interrogations sur l'attitude de Vincent Bolloré vis-à-vis de Vivendi qu'il préside depuis juin en détenant seulement un peu plus de 5% du capital.

Les médias évoquent régulièrement la possibilité que Bolloré apporte Havas au géant des médias en échange d'un accroissement de sa participation.

En réponse à ce scénario, le groupe a répondu qu'il n'avait pas «l'intention de céder ou transférer le contrôle» d'Havas après l'OPE.

Interrogé par l'AFP, le directeur financier de Bolloré n'a pas voulu commenter cette hypothèse, en renvoyant au communiqué publié par le groupe.

L'appétit de Vincent Bolloré pour les médias apparaît en tout cas insatiable. Son nom a même été évoqué vendredi par le site du Journal du Dimanche dans un possible rachat de l'hebdomadaire L'Express.