Jean-Bernard Lévy, spécialiste des télécoms et pacificateur, prend la tête du géant de l'électricité

PORTRAIT L'actuel PDG de Thalès a effectué une grande partie de sa carrière dans les télécoms avec plusieurs incursions dans le monde politique...

B.D. avec AFP

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Le PDG de Thales, Jean-Bernard Levy, s'exprime le 20 février 2014 à Paris
Le PDG de Thales, Jean-Bernard Levy, s'exprime le 20 février 2014 à Paris — Miguel Medina AFP

Jean-Bernard Lévy, 59 ans, qui doit prendre la tête du géant français de l'électricité EDF, est un ingénieur de formation peu connu du grand public, ayant effectué une grande partie de sa carrière dans les télécoms avec plusieurs incursions dans le monde politique.

L'actuel PDG du groupe électronique de défense Thales a passé dix des douze dernières années à la tête de Vivendi (médias, télécoms, jeux vidéo), d'abord comme directeur général adjoint puis président du directoire, entre avril 2005 et juin 2012.

Succès

Depuis son arrivée chez Thales en décembre 2012, en remplacement de Luc Vigneron, très contesté en interne, Jean-Bernard Lévy n'a eu de cesse de renforcer la présence internationale du groupe. Il a ainsi érigé comme «priorité absolue» son développement dans les pays émergents, dans l'objectif d'en faire un «groupe vraiment mondial, et plus seulement multidomestique».

Avec succès, puisque la part de ces pays a augmenté de 13% dans le carnet de commandes du groupe au premier semestre cette année, pour s'établir à 1,6 milliard d'euros. Né le 18 mars 1955 à Suresnes dans les Hauts-de-Seine, ce double diplômé de l'Ecole Polytechnique et de l'Ecole nationale supérieure des télécommunications (ParisTech) entre naturellement dans l'administration en 1979 comme responsable du département «lignes et transmissions» à la direction opérationnelle des télécommunications (l'ancêtre de France Télécom) d'Angers en 1979.

Après plusieurs années au service du personnel de la direction générale des télécommunications, il devient en 1986 conseiller technique au cabinet du ministre délégué aux Postes et Télécommunications, Gérard Longuet. Il poursuit dans cette veine politique en occupant les fonctions de conseiller pour les affaires internationales et industrielles, toujours pour Gérard Longuet jusqu'en 1988.

Directeur de cabinet de Longuet, puis Rossi

C'est à cette époque qu'il rejoint Matra Marconi Space (une filiale du groupe Matra-Hachette) comme directeur des télécommunications spatiales. Il renoue avec la politique en 1993 avec sa nomination comme directeur du cabinet du ministre de l'Industrie, des Postes et des Télécommunications, Gérard Longuet puis José Rossi. En 1994, il rejoint la direction générale de la Matra-Hachette et occupe parallèlement, dès 1995, les fonctions de président-directeur général de Matra Communication.

Il va ensuite passer plusieurs années dans la société financière Oddo et Cie, spécialiste de la gestion. C'est en 2002 qu'il intègre Vivendi -alors Vivendi Universal- en devenant le directeur général adjoint, jusqu'en 2005. Il a contribué à rétablir le groupe, alors en pleine tourmente après le départ de Jean-Marie Messier.

Il prend alors les manettes du directoire du groupe diversifié. Fin mars 2012, il est même amené à prendre la tête de l'opérateur du groupe, SFR, lors d'une réorganisation liée au chamboulement du marché du mobile provoqué par l'arrivée de Free Mobile.

Jean-Bernard Lévy, homme au visage fin et petites lunettes, avait alors essayé de motiver ses troupes chez SFR, en soulignant que si «le secteur vivait une transformation majeure», il fallait «tout faire pour que la croissance des usages se transforme en croissance du chiffre d'affaires». Fait chevalier de la Légion d'honneur en 2004 et officier de l'ordre national du Mérite en 2008, il est père de quatre enfants.