Taxe foncière: Quelle hausse dans votre ville et votre département?

FISCALITE Une étude de l'Union nationale de la propriété immobilière (UNPI), publiée ce mardi, décrypte l’évolution de la taxe foncière sur les propriétés bâties ville par ville…

C.P.

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Avis d'imposition des taxes d'habitation et foncière
Avis d'imposition des taxes d'habitation et foncière — Denis Charlet AFP

Ça flambe. Selon une étude de l’UNPI publiée ce mardi, la taxe foncière sur les propriétés bâties a augmenté en moyenne de 21,26% en France entre 2008 et 2013, portant la moyenne des taux de la taxe foncière à  36,76% l’an dernier.

Cette forte hausse sur 5 ans est en partie due à la hausse des taux d'impositions départementaux (+24,49%) et communaux (+18,42%) mais aussi à l'augmentation de la valeur locative (+9,65%) sur laquelle est calculé l'impôt «en fonction des caractéristiques des immeubles et notamment de leur situation géographique», précise l’étude. Résultat: derrière cette flambée générale, on trouve de grandes disparités entre les villes.

Le paradoxe parisien

Ainsi, au niveau de la part départementale de la taxe foncière, entre 2008 et 2013, ce sont les contribuables parisiens qui ont enregistré la plus forte hausse (+232%). En revanche, le taux global de la taxe foncière de la capitale s'établit à 13,5% en 2013, soit un des plus faibles des cinquante plus grandes villes de France.

Derrière Paris, le département de la Corse du Sud a appliqué la plus forte hausse (73,40% en moyenne) sur 5 ans, suivis par l'Aisne (62,05% en moyenne) et le Val d'Oise (31,07%).

C'est en Guadeloupe que la part départementale a le moins augmentée (9%), devancée par la Martinique (9,03%), la Guyane (10%) et l'Orne (10,30%).

Le département des Bouches-du-Rhône a relevé ses prélèvements à hauteur de 10,75% de 2008 à 2013.

Amiens et Fontanes-de-Sault sur la 1er marche du podium

En revanche, les habitants de Marseille ont vu leur taxe foncière augmenter de 5,94% entre 2013 et 2014, selon l'étude et se retrouvent en tête du classement des plus fortes hausses au niveau communal, devant Courbevoie (2,37%) et Créteil (2,15%). L'augmentation pour le contribuable parisien est de 0,9%, comme Toulouse, Nice, Lyon et Lille.

Amiens (55,87%), le Havre (54,36%), Grenoble et Angers (54%) occupent les trois premières places du classement des grandes villes au plus haut taux de taxe foncière (département et bloc communal).

Lyon (28,26%) et Aix-en-Provence (30,97%) figurent en 45e et 43e positions. Marseille (39,83%) se classe 30e, et Toulouse occupe la 19e place (44,72%). Nice (35,54%) est 39e sur 50. Courbevoie (12,34%) ferme le classement, derrière Paris (13,5%), Boulogne-Billancourt (15,09%).

Au niveau national en revanche, la palme du plus haut taux de taxe foncière revient à une petite commune du département de l’Aude: Fontanes-de-Sault, avec une taxe foncière (tous taux cumulés) à 98,80 %. A l’opposé  Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine) demeure en 2013 la commune où les taux de taxe foncière sont les plus bas (9,98%) suivie de cinq communes des Yvelines Saint-Martin-la-Garenne (11,06 %) et Thiverval-Grignon (11,22 %).

Ces écarts exceptionnels sont toutefois à relativiser. Comme l’indique la Direction générale des finances publiques, «les départements d’Ile-de-France, en particulier Paris et les Hauts-de-Seine, se singularisent par des bases moyennes [valeur locative des immeubles] très élevées et des taux faibles, ce qui conduit à des cotisations moyennes élevées. A contrario, le Gers et l’Aude compensent des bases très faibles par des taux très élevés, de l’ordre de 80% ». En bref : les propriétaires de Fontanes-de-Sault ne paient pas 10 fois plus de taxe foncière que les Neuilléens, souligne l’UNPI.