Dépenses automobile: Le poids lourd du budget des Français rétrograde

CONSOMMATION Une étude de l’Insee publiée ce mardi passe au crible le recul du budget des automobilistes français depuis la crise de 2008…

C.P.

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Illustration dans un garage auto.
Illustration dans un garage auto. — POUZET/SIPA

«Depuis 2008, la consommation automobile pâtit de la crise économique», annonce l’Insee dans une nouvelle étude, qui relève une baisse des dépenses liées à la voiture de 2,1% en moyenne chaque année entre 2007 et 2013.

4.300 euros/an en moyenne

L’année dernière, les Français ont ainsi dépensé 124 milliards d’euros à leur budget automobile (soit 5,9 % du produit intérieur brut). Pour un ménage, cela représentait en moyenne 4.300 euros/an, soit 11 % de leur consommation totale, contre 13,2% de leur budget à l’apogée du budget auto en 1982.

Toutefois derrière ce budget automobile moyen en recul se cachent de fortes disparités. D’abord entre les automobilistes. «Avec 0,8 voiture en moyenne», un ménage parisien, consacre ainsi 6,8 points de moins que la moyenne à son budget automobile. «Il peut plus facilement modérer l’utilisation de son véhicule en utilisant les transports en commun», note l’Insee dans son étude.  À l’inverse, «avec 1,6 voiture en moyenne», un ménage rural y consacre lui 4,3 points de plus que la moyenne des ménages et 11,1 points de plus qu’un ménage parisien!

Les carburants en tête

Les différents postes de dépenses évoluent aussi de manière contrastée. Du côté des concessions, les affaires restent difficiles. A l’exception de l’année 2009, qui a vu les ventes bondir grâce au lancement du dispositif de prime à la casse (+27%), les achats de voitures neuves ont reculé de 3,1 % par an en moyenne entre 2007 et 2013, tout comme les acquisitions de voitures d’occasion.

Si les moteurs diesel gardent la préférence des Français en raison d’un carburant moins cher, leur avance face aux moteurs essence s’est réduite: en 2013, 56 % des voitures neuves sont de ce type, contre 71 % en 2008. «Ces dernières pâtissent, d’une part, du débat autour des émissions de particules fines et, d’autre part, des progrès technologiques rendant les véhicules à essence moins énergivores, via notamment la technique du downsizing», note l’Insee

Les carburants sont en effet plus que jamais au cœur des préoccupations des automobilistes: poussés par la hausse continue des prix à la pompe depuis 2002  (+4,7% en moyenne par an), ils sont redevenus en 2012 le premier poste de dépense dans le budget automobile. Une flambée qui a poussé les Français à réduire leur consommation en volume (-1,8% par an entre 2007 et 2013).

Entretien en baisse, péages et parking en hausse

Les dépenses d’entretien des véhicules (33 milliards d’euros en 2013) se replient également. En revanche, d’autres dépenses liées à l’automobile continuent de progresser. C’est le cas notamment des péages et parkings, mais aussi des assurances auto qui représentaient en 2013, 5,6 % du budget automobile des ménages (7 milliards d’euros). Avec 1,9 milliard d’euros en 2013, les cours de conduite et les stages de récupération de points pèsent encore assez peu dans le budget automobile global, mais ils n’ont cessé de progresser en volume et en prix entre 2007 et 2013.