Budget Sécu 2015: Familles, médicaments et hôpitaux au régime

ECONOMIE Le projet de budget de la Sécurité sociale présenté mercredi en conseil des ministres...

20 Minutes avec AFP

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Marisol Touraine lors d'une conférence de presse le 29 septembre 2014 à Paris
Marisol Touraine lors d'une conférence de presse le 29 septembre 2014 à Paris — Dominique Faget AFP

Vivement critiqué pour ses coupes dans les prestations familiales, le projet de budget de la Sécurité sociale présenté mercredi en conseil des ministres veut réduire de deux milliards d'euros le déficit en 2015, grâce à des économies sur les médicaments et les actes inutiles.

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Depuis 2010, année où le «trou» s'était creusé à 23,9 milliards d'euros, le déficit a diminué chaque année. Mais la dynamique a marqué le pas en 2014 et la réduction du déficit a été de seulement 800 millions d'euros (à -11,7 milliards pour le régime général) à cause d'une inflation et de recettes en baisse.

La réduction du déficit qui aurait dû être réalisée cette année est reportée à 2015, décalant d'autant l'objectif d'un retour à l'équilibre: fixé à 2017, il n'interviendra au mieux qu'en 2019, selon les prévisions établies dans le projet de budget de la Sécu de 348,6 milliards.

9.6 milliards d'économies pour la Sécu

Cela ne suffira peut-être pas aux yeux de la commission européenne et le risque plane que, dans sa globalité, le projet de budget 2015 qui prévoit une très légère baisse du déficit budgétaire, soit retoqué.

Pour le seul budget de la Sécu, le gouvernement prévoit tout de même 9,6 milliards d'économies. Ce qui devrait ramener le déficit du régime général (branches famille, maladie, vieillesse et accidents du travail) à 10,5 milliards.

Au grand dam d'associations, la branche famille subira à nouveau des mesures d'austérité, à hauteur de 700 millions, selon le projet de budget qui reste flou sur la ventilation de ces économies.

Touraine ouverte à des aménagements

Mais la ministre des Affaires sociales, Marisol Touraine, reste «ouverte» à des aménagements, comme elle l'a assuré mardi devant des députés PS hostiles à certaines mesures du projet de budget.

Sur les 9,6 milliards d'économies, outre les effets attendus de la dernière réforme des retraites, le gouvernement veut juguler encore la progression des dépenses de santé. L'Objectif national des dépenses de l'Assurance maladie (ONDAM) est baissé à 2,1%, soit un niveau historiquement bas. Cela nécessitera un effort d'économies de 3,2 milliards d'euros.

Amélioration de la dépense hospitalière

Parmi les axes d'économies définis, figure l'amélioration de la dépense hospitalière, via des mutualisations entre établissements et des économies sur les achats hospitaliers, «où des marges très importantes demeurent».

Le gouvernement veut aussi développer la chirurgie ambulatoire (qui permet un retour au domicile le jour de l'intervention) et agir sur les produits de santé, avec un milliard d'économies sur les médicaments.

L'arrivée de médicaments innovants contre l'hépatite C risque de précipiter l'Assurance maladie encore plus dans le rouge. Le PLFSS prévoit donc un mécanisme de contribution de l'industrie pharmaceutique - déclenché au-delà d'un plafond de chiffre d'affaires annuel - qui doit permettre d'atténuer l'impact financier de l'usage de ces nouveaux traitements.

Un autre axe d'économies passe par l'amélioration de la pertinence de prescriptions ou d'actes par les cliniques ou les hôpitaux.