A Londres, Manuel Valls estime que la question de l’assurance chômage «doit être reposée»

ECONOMIE La nouvelle convention d’assurance chômage vient d’entrer en vigueur, mais Manuel Valls semble d’ores et déjà vouloir remettre à plat le système…

Romain Lescurieux

— 

L'Unédic, organisme qui gère l'assurance chômage, a prévu lundi une poursuite de la hausse du chômage, avec 44.000 demandeurs d'emploi sans activité supplémentaires
L'Unédic, organisme qui gère l'assurance chômage, a prévu lundi une poursuite de la hausse du chômage, avec 44.000 demandeurs d'emploi sans activité supplémentaires — Philippe Huguen AFP

Le Premier ministre Manuel Valls était en pleine opération séduction ce lundi à Londres. Devant les représentants des milieux d’affaires du quartier de la City, il n’a pas hésité à ressortir son plaidoyer pro-entreprise. Afin de réduire le nombre de demandeurs d'emploi record en France, il s'est attaqué cette fois-ci à l’assurance chômage en estimant que la question devait être «reposée» en termes de montant et de durée. 20 Minutes fait le point sur cette déclaration.

Qu’a dit Manuel Valls à Londres?

«En Grande-Bretagne et en Allemagne, le temps partiel a permis de préserver l’emploi et de repartir de manière plus forte quand la croissance est revenue. Nous, en France, avons fait le choix d’un chômage très important et très bien indemnisé. C’est dans le dialogue avec ceux qui recherchent un emploi que l’on peut améliorer la situation. Cela s’appelle réformer le marché du travail», a-t-il déclaré. La question de l’assurance-chômage «doit être reposée» tant sur le plan du montant de l’indemnisation que de sa durée. En France, «des dizaines de milliers d’emplois ne sont pas pourvus. On doit inciter davantage au retour à l’emploi», a ensuite affirmé Manuel Valls.

Quand cette question peut être «reposée»?

Selon les informations du Monde, le gouvernement pourrait profiter de la prochaine renégociation de la convention Unedic en 2016. Mais le dossier et les négociations risquent d’être très complexes. Les dernières discussions avaient d’ailleurs été très disputées entre les syndicats et le patronat, pour parvenir à la nouvelle convention d’assurance chômage entrée en vigueur depuis le 1er juillet. Il y a donc peu de chances que les syndicats baissent la garde sur le montant et la durée d'indemnisation. «S'il faut durcir drastiquement ces règles, la gestion paritaire de l'assurance-chômage pourrait être remise en cause», mentionne le quotidien.

Quelles réactions?

Cette déclaration intervient un mois après les déclarations du ministre du Travail, François Rebsamen, qui avait provoqué un tollé en demandant à Pôle Emploi de «renforcer les contrôles» pour vérifier que les chômeurs «cherchent bien un emploi», estimant qu'une «sanction» est nécessaire dans le cas contraire. Manuel Valls reprend la thématique du retour à l'emploi en France en évoquant «des dizaines de milliers d’emplois qui ne sont pas pourvus». Mais les réactions à cette sortie ont été moindres, voire inexistantes.

Interrogée par 20 Minutes, Véronique Descacq, secrétaire générale adjointe chargée de l'emploi à la CFDT (Confédération française démocratique du travail) parle d'une annonce «incompréhensible», «hors de propos» «d'autant que nous n'avons été contactés par personne», dit-elle. «Nous venons de terminer des négociations. Il n'est pas question d'avancer l'agenda. De plus, c'est un sujet qui relève uniquement du champ des partenaires sociaux», explique Véronique Descacq, avant d'ajouter: «il ne faut pas pénaliser les demandeurs d'emploi. Pour retrouver du travail, il faut être bien indemnisé. Revenir en arrière serait contre-productif», s'exclame-t-elle.