La Grèce espère en finir avec la crise en 2015, avec un PIB à +2,9%

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Le ministre adjoint grec des Finances, Christos Staïkouras, présente le 6 octobre 2014 à Athènes l'avant-projet de budget de l'Etat
Le ministre adjoint grec des Finances, Christos Staïkouras, présente le 6 octobre 2014 à Athènes l'avant-projet de budget de l'Etat — Louisa Gouliamaki AFP

Après six ans d'une récession profonde et d'une politique de rigueur très dure pour parer à la crise de la dette, la Grèce espère renouer définitivement avec la croissance en 2015, tablant enfin sur une progression vigoureuse du PIB à 2,9%.

L'avant-projet du budget, dévoilé lundi par le ministre adjoint des Finances Christos Staïkouras, continue à prévoir une reprise modeste à +0,6% dès 2014, confirmant l'atténuation de la contraction de l'économie ces derniers trimestres.

Cette amélioration, affirmée également par la Commission européenne qui prévoit également une croissance de 2,9% pour 2015, est surtout imputée à une certaine stabilisation financière et politique du pays ces deux dernières années.

Inaugurant lundi la session d'hiver du Parlement, le Premier ministre conservateur Antonis Samaras, à la tête d'une coalition droite-socialiste, a affirmé que ce serait «une bonne année, une année de stabilité, de croissance et de réduction du chômage», qui resterait néanmoins élevé à 22,5% en 2015.

«Nous allons transformer la présente stabilisation en une croissance viable et à la cohésion sociale», a indiqué de son côté Christos Staïkouras lors d'un point de presse lundi.

Approuvé par les hauts représentants de la troïka des créanciers du pays (UE, BCE, FMI), qui sont en train depuis la semaine dernière d'effectuer l'audit régulier des comptes grecs, l'avant-projet de budget sera présenté lundi au comité des finances du Parlement avant sa discussion en novembre à l'Assemblée.

Ce texte prévoit également un excédent primaire budgétaire (hors charge de la dette) de 2,9% du PIB, soit 5,4 milliards d'euros, après celui réalisé en 2013 (0,8% du PIB), et celui prévu pour 2014 (2%).

A l'instar des autres pays d'Europe, éprouvés par la crise, comme l'Irlande, le Portugal ou l'Espagne, la Grèce s'apprête à son tour à s'affranchir de la tutelle de la troïka, d'ici à la fin de l'année, date à laquelle se termine l'assistance financière de l'UE.

Le gouvernement espère que la croissance en 2015 sera surtout due à l'augmentation «de la consommation privée» après les allègements fiscaux prévus par le gouvernement.

«En prenant en compte que l'économie s'était contractée de 25% les six dernières années et que la tendance est à l'amélioration, une croissance de 2,9% est réalisable», estime Georges Pagoulatos, professeur d'économie et politique européenne à la faculté d'économie d'Athènes (Asoee).

- Elections législatives anticipées? -

Pour lui, grâce «au tourisme, à la hausse des exportations, aux investissements et aux programmes européens, la fin de la récession est possible».

La Grèce a affiché déjà au 2e trimestre son 24e recul consécutif du produit intérieur brut par rapport au même trimestre de l'année précédente, mais elle espère que le 3e, marqué par un afflux record de touristes, montrera la première progression trimestrielle du PIB en six ans.

Malgré tout, l'agence Standard & Poor's s'attendant plutôt à un nouveau recul du PIB annuel en 2014, -0,2%.

L'avant-projet de budget table aussi sur un déficit public de 0,2% du PIB l'an prochain contre 0,8% prévu pour 2014 et sur une réduction du fardeau de la dette publique à 168% du PIB, contre 175% en 2014.

Seul point d'inquiétude, à la fois pour les marchés et pour les experts, l'éventualité d'élections législatives anticipées en 2015 en raison de l'échéance du mandat du président de la République grecque en mars. Si la coalition au pouvoir, qui ne compte que 154 députés, ne parvient pas à en réunir 180 (sur 300) sur le nom du candidat qu'elle proposera, il faudra aller aux urnes.

«2015 est une année d'incertitude politique», met en garde Georges Pagoulatos, alors que le parti d'opposition Syriza (gauche radicale, qui devance toujours Nouvelle Démocratie (droite) d'Antonis Samaras dans les sondages, ne cesse de progresser.

Dans une tentative de dissiper l'incertitude, Antonis Samaras a décidé de se soumettre à un vote de confiance au Parlement d'ici à la fin de la semaine, pour tenter de renforcer la crédibilité de son gouvernement.