Budget 2015: Quel impact dans votre commune, département ou région?

FINANCES PUBLIQUES Le gouvernement a officialisé ce mercredi la baisse de 3,7 milliards d’euros des dotations de l’Etat dans le cadre de son projet de loi de Finances 2015...

CP, avec Céline Boff (à Bercy), Oihana Gabriel (à Saint-Denis) et Mickaël Bosredon (à Bordeaux)

— 

Le fronton d'une mairie, dans la Sarthe.
Le fronton d'une mairie, dans la Sarthe. — GILE MICHEL/SIPA

Coup de froid sur les finances des collectivités locales. Ce mercredi, le gouvernement a confirmé les coupes budgétaires annoncées dès le mois d’avril par Manuel Valls dans son discours de politique générale: les dotations de l’Etat vont baisser de 3,7 milliards en 2015, puis du même montant en 2016 et en 2017, soit 11,1 milliards de moins au total sur trois ans.

Reports d'investissements en vue

Une annonce qui a suscité la colère des présidents de conseils généraux, communautés d’agglomérations et maires, nombreux ce mercredi à dénoncer l’impact de ces coupes sur la vie de leurs administrés. «Cette décision fédère contre elle l’unanimité des collectivités territoriales, toutes tendances politiques confondues. Elle fait porter aux territoires le poids d’économies que le gouvernement a été dans l’incapacité de mettre en œuvre sur le budget de l’Etat, a réagi mercredi dans un communiqué le maire UMP de Toulouse Jean-Luc Moudenc. «Dans une économie déprimée, avec une croissance atone, la diminution de la commande publique, moteur et soutien majeur de l'économie régionale, va doper le chômage et entraîner le report d'investissements d'avenir».

Même son de cloche en Seine-Saint-Denis. «Rappelons que sur les 2.000 milliards de déficit public seulement 9% concernent l’ensemble des collectivités territoriales. Alors qu’elles représentent 75% des investissements publics», s’est indigné mercredi matin Patrick Braouezec, président (Front de Gauche) de la communauté d'agglomération Plaine Commune (Seine-Saint-Denis) entouré de huit maires du département. «Ces baisses de dotations se traduiront soit par moins d’investissements et donc de services, soit par une hausse des impôts alors que nos populations sont suffisamment servies». «Economie de 22 millions d’euros pour la communauté d’agglomération cela équivaut à la construction d’une école maternelle, primaire et un centre de loisirs. Il y a une contradiction à encourager les maires bâtisseurs alors que les équipements ne peuvent pas suivre», a renchéri Didier Paillard, maire de Saint-Denis.

Possibles hausses de la fiscalité locale

Certains édiles prévoient déjà de reporter certains investissements. «On va devoir établir un ordre de priorité», a lancé le maire PS de Strasbourg Roland Ries dans une interview aux Dernières Nouvelles d'Alsace. Il estime, par ailleurs, que pour un certain nombre d'opérations, Strasbourg devra faire appel à des investissements privés.

Avec une baisse de recette de 21 millions d’euros en 2015, la communauté urbaine de Bordeaux n’a, elle, pas d’autres choix que «faire des économies», a prévenu mercredi son président Alain Juppé, avec notamment une baisse de 5% de ses subventions. Sera-ce suffisant? «Sans doute pas», a répondu Alain Juppé, qui juge d’ores et déjà probable «une augmentation de la fiscalité locale» à Bordeaux.

Face à cette levée de bouclier, Bercy tente de relativiser l’ampleur de l’effort budgétaire demandé. «En 2015, la baisse des concours représentera 1,9% des recettes réelles de fonctionnement des collectivités et 1,6% de leurs recettes totales. En effet, cette baisse ne porte que sur les concours de l’Etat qui, eux-mêmes, ne représentent que 28% des recettes réelles de fonctionnement des collectivités», expliquait mercredi matin Christian Eckert, le secrétaire d’Etat au Budget.

Et d’ajouter: «La fiscalité représente plus de 60% de ces recettes et continuera à progresser, ne serait-ce que par l’effet de l’augmentation de l’assiette des impôts directs locaux. La progression de ces ressources sera donc plus importante que la baisse des dotations de l’Etat. Les dépenses des collectivités vont donc continuer à augmenter, mais seulement moins vite que par le passé, alors que les dépenses de l’Etat vont diminuer en valeur en 2015: il est donc faux de dire que l’Etat prend une part moins importante aux économies que les collectivités».