Budget 2015: Comment l'Etat va baisser ses dépenses

BUDGET Il va économiser 7,7 milliards d'euros l'an prochain...

Céline Boff

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Paris le 28 janvier 2013. Illustration facade ministere des finances. Bercy. Drapeau francais.
Paris le 28 janvier 2013. Illustration facade ministere des finances. Bercy. Drapeau francais. — A. GELEBART / 20 MINUTES

Il les annonce depuis longtemps. Dans son projet de budget 2015, tout juste présenté ce mercredi en conseil des ministres, le gouvernement vient détailler comment il compte réaliser, l’an prochain, pas moins de 21 milliards d’euros d’économies, réparties entre la protection sociale (-9,6 milliards), les collectivités locales (-3,7 milliards) et l’Etat lui-même (-7,7 milliards).

Mais attention: lorsque la France affirme réaliser des économies, elle se «contente» en fait de limiter l’augmentation tendancielle de ses dépenses, c’est-à-dire de la hausse qui s’opérerait si aucune mesure de correction n’était prise. Ainsi, grâce à ces 7,7 milliards d'euros de coupes, l'Etat en réalité ne parviendra à réduire ses dépenses en valeur que de 2,6 milliards. Où ces économies seront-elles réalisées? Voici le détail.

La masse salariale: -1,4 milliard

L’Etat va créer 9.421 nouveaux postes dans l’Education nationale, 405 dans la sécurité (services gendarmerie et police) et 600 dans la justice, mais il supprimera 11.704 postes dans les autres ministères. Les effectifs vont donc baisser l’an prochain de 1.278 équivalents temps plein (ETP), après avoir déjà reculé de 3.280 ETP en 2014 et 2.416 ETP en 2013.

Quant au point d’indice, il sera encore gelé. Au final, «la progression de la masse salariale sera limitée à seulement 0,6% l’année prochaine, par l’effet des progressions de carrière, soit une augmentation plus faible que l’inflation», insiste Christian Eckert, secrétaire d’Etat chargé du Budget.

Le fonctionnement et l’investissement: -2,1 milliards

Pour limiter les dépenses de fonctionnement, l’Etat va mutualiser certaines fonctions, notamment les services chargés des achats, et travailler sur ses dépenses immobilières, par exemple en regroupant les implantations parisiennes de différents ministères.

Il va aussi tailler dans les investissements, en étant plus sélectif. Et pour payer les investissements nécessaires dans les transports -ceux qui devaient être financés par la feu écotaxe-, il a décidé de hausser de deux centimes la TICPE sur le gazole.

Les dépenses d’intervention: -2,4 milliards

Là, l'Etat va multiplier les coupes. Il va par exemple diminuer le nombre de logements de fonction (-15 millions), aider un peu moins l’innovation (-100 millions), se contenter des aides européennes de la PAC, la politique agricole commune, pour financer certains pans de l’agriculture (-100 millions) ou encore diminuer les aides à l’audiovisuel public (-105 millions).

«C’est la première fois qu’un plan aussi ambitieux d’économies sur les dépenses d’intervention de l’Etat sera réalisé», note Christian Eckert, qui reconnaît que «ce sont des mesures difficiles, qui susciteront des réactions, qui ont déjà suscité des réactions».

Les agences de l’Etat et les opérateurs: -1,9 milliard

Rappelons qu’il y a plus de 1.200 agences en France. L’Etat va non seulement réduire les subventions qu’il leur accorde, mais aussi les obliger à plafonner leurs taxes et parfois même se servir dans leurs caisses, comme dans celle des Chambres de commerce et d’industrie (CCI).

«Dans certains cas, des trésoreries excédentaires ont été accumulées sur la base des recettes fiscales perçues, et il faut dire clairement que ce sont des situations auxquelles il faut tout simplement mettre fin, dans le contexte budgétaire d’aujourd’hui», conclut Christian Eckert.