Air France: Une fin de grève des pilotes, sans accord

TRANSPORT Le trafic restera encore fortement perturbé lundi. Air France prévoit d'assurer «près de 60%» de ses vols...

20 Minutes avec AFP

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Les passagers devront patienter jusqu'à mardi pour espérer un début de retour à la normale
Les passagers devront patienter jusqu'à mardi pour espérer un début de retour à la normale — AFP

Le SNPL, principal syndicat de pilotes d'Air France, a mis fin dimanche à une grève historique de 14 jours mais la reprise du travail va se dérouler dans un climat tendu, la direction confirmant le développement de Transavia France de façon unilatérale.

Les passagers devront patienter jusqu'à mardi pour un début de retour à la normale. Mais la reprise pourrait se révéler compliquée car le Spaf, deuxième syndicat représentatif des pilotes d'Air France (12% des voix aux élections professionnelles), a maintenu son préavis de grève, qui court jusqu'à ce jour-là.

Le trafic restera fortement perturbé lundi. Air France prévoit d'assurer «près de 60%» de ses vols. «Les avions ayant été immobilisés plusieurs jours, des vérifications obligatoires sont nécessaires avant une reprise de l'activité», a expliqué la compagnie.

Le développement de Transavia France va reprendre

Si le Syndicat national des pilotes de ligne (SNPL, majoritaire) a décidé d'en finir avec cette grève engagée le 15 septembre, aucun accord n'a été trouvé avec la direction sur Transavia France, filiale low cost du groupe. «Les conditions du dialogue social ne sont aujourd'hui pas réunies, nous avons décidé de prendre nos responsabilités en levant le mouvement de grève», a expliqué à l'AFP le porte-parole du SNPL Guillaume Schmid, disant vouloir «poursuivre les discussions dans un cadre plus serein».

Ces personnels étaient en grève depuis 14 jours - un record - pour obtenir un contrat unique pour les pilotes d'Air France et de Transavia car ils redoutent de voir fondre les avantages du statut Air France au profit du statut Transavia, moins généreux.La direction, qui n'a pas cédé sur ce point, a de nouveau affirmé dimanche que ce projet était stratégique.

«Nous allons maintenant nous atteler au développement de Transavia en France avec l'ambition prévue», a déclaré le PDG du groupe franco-néerlandais Alexandre de Juniac. «Nous allons pouvoir enfin lutter à armes égales avec les compagnies low cost concurrentes. Cette réforme est vitale», a-t-il estimé.

Soutien indéfectible du Premier ministre

Le SNPL a déploré ces propos, estimant que la direction allait mettre en oeuvre son projet «de façon unilatérale avec le plus profond mépris pour le dialogue social». «Nous sommes une nouvelle fois consternés par l'attitude de la direction qui met en danger aujourd'hui par ses provocations la sérénité nécessaire à la reprise des vols», a déclaré Jean-Louis Barber, président du SNPL Air France ALPA. Les syndicats avaient déjà accusé cette semaine Alexandre de Juniac de bloquer personnellement les négociations.

Dimanche, Manuel Valls a renouvelé son soutien à la direction de la compagnie, détenue à 16% par l'Etat. «Le gouverement sera aux côtés de la compagnie et de ses salariés, que cet épisode a plongés dans l'inquiétude, pour les soutenir dans leurs efforts», a déclaré Manuel Valls, estimant que Transavia France représentait «un atout indéniable».

Le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius a souligné sur France 2 que le bilan de ce «conflit interminable» était «très mauvais». «Pour la compagnie, 280 millions d'euros de perte, 110.000 touristes qui ont été obligés d'annuler leur vol, c'est 30.000 voyages d'affaires», a-t-il commenté. La grève aura coûté 15 à 20 millions d'euros par jour, soit 300 millions (lundi inclus) au total sans compter les dédommagements des passagers et des voyagistes qui feront grimper la facture.