Air France: La direction salue la fin de la grève, mais déplore l'absence d'accord sur Transavia

TRANSPORTS Le syndicat de pilotes majoritaire (SNPL) a appelé plus tôt ce dimanche à lever la grève...

20 Minutes avec AFP

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Des comptoirs d'enregistrement d'Air France fermés à l'aéroport d'Orly, le 27 septembre 2014 près de Paris
Des comptoirs d'enregistrement d'Air France fermés à l'aéroport d'Orly, le 27 septembre 2014 près de Paris — Stéphane de Sakutin AFP

La direction d'Air France s'est félicitée ce dimanche de la fin de la grève, annoncée plus tôt dans la journée par le syndicat de pilotes majoritaire (SNPL). Après 14 jours de cessation du travail, la direction de la compagnie a toutefois déploré que les syndicats de pilotes n'aient pas signé le protocole d'accord de fin de conflit qui permettrait de développer Transavia France.

«Air France se félicite de la levée du mouvement (..). Cette grève aura été coûteuse et dommageable. (...) La compagnie déplore que malgré de très longues négociations depuis le début du conflit (dont 15 heures hier, samedi) (...), le protocole de fin de conflit, équilibré et raisonnable proposé par la direction, n'ait pas été signé par les organisations représentatives», selon un communiqué du groupe.

Grève record

Un peu plus tôt dans la journée, le principal syndicat de pilotes d'Air France, le SNPL, avait annoncé la fin d'une grève record de 14 jours, qui n'aura pas permis de trouver un terrain d'entente avec la direction autour de la filiale «low cost» Transavia.

«Les conditions du dialogue social ne sont aujourd'hui pas réunies, nous avons décidé de prendre nos responsabilités en levant le mouvement de grève», avait expliqué le porte-parole du SNPL, Guillaume Schmid, disant vouloir «poursuivre les discussions dans un cadre plus serein».

Les pilotes étaient en grève depuis deux semaines pour obtenir un contrat unique pour les pilotes d'Air France et de Transavia, la filiale low cost du groupe, devenue un enjeu stratégique. «On avait fait des concessions sur les conditions de travail mais ce qu'on voulait, c'était que tout le monde conserve un contrat Air France car on voulait pouvoir maîtriser un même groupe de pilotes», explique Guillaume Schmid.

Pas d'accord

Or la direction n'a pas cédé sur ce point, proposant, selon le SNPL, «un texte non satisfaisant, avec des doubles contrats, qui aurait été une usine à gaz». Sans contrat unique, les pilotes craignent de voir fondre les avantages du statut Air France au profit du statut Transavia, moins généreux. De son côté, la direction confirme «sa décision de poursuivre sans délai le développement accéléré de Transavia en France, relais de croissance majeur du groupe».

Le communiqué précise que ce développement se fera «dans les conditions économiques et sociales compétitives prévues», à savoir un développement de la flotte au-delà de 14 avions, flotte unique de Boeing 737, conditions d'exploitation et de rémunération de Transavia France, affectation de pilotes d'Air France sur la base du volontariat.

Air France estime toujours que la croissance de Transavia France permettra la création «rapide» de 1.000 emplois en France dont 250 emplois de pilotes. «L'intérêt stratégique de l'entreprise doit rester le cap pour tous.»

Valls fier de sa «fermeté»

La grève des pilotes aura été la plus longue jamais connue par le groupe Air France-KLM, détenu à 16% par l'Etat. Au cours des derniers jours, le gouvernement était monté plusieurs fois au créneau pour tenter de faire cesser le mouvement. Manuel Valls s'est d'ailleurs félicité «de la fermeté du gouvernement» dans ce dossier.

La compagnie a, elle, alerté sur sa situation devenue «extrêmement délicate», chaque jour de grève lui faisant perdre «20 millions d'euros». Elle a perdu 15 à 20 millions d'euros par jour, soit 201 à 280 millions, sans compter les dédommagements des passagers et des voyagistes qui feront grimper la facture de manière substantielle.

Les passagers devront quant à eux patienter encore 48 heure avant une reprise normale du trafic. «Les vols d'ores et déjà annulés dimanche 28 et lundi 29 septembre resteront annulés. Le retour à la normale s'effectuera progressivement à partir du mardi 30 septembre, en raison de contraintes opérationnelles et règlementaires», indique la compagnie aérienne dans un communiqué. «Les avions ayant été immobilisés plusieurs jours, des vérifications obligatoires sont nécessaires avant une reprise de l'activité», a-t-elle expliqué.