Cigarette électronique: Un business qui s’essouffle?

ECONOMIE A l'occasion du salon international de la e-cigarette, Vapexpo, qui s’ouvre dimanche à Paris, «20 Minutes» fait le point sur ce secteur...

Romain Lescurieux

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Le Collectif des acteurs de la cigarette électronique (CACE) a dénoncé lundi une décision "scandaleuse", qui "outrepasse les pouvoirs du juge", après qu'un tribunal de commerce a estimé que la vente des e-cigarettes représente une concurrence déloyale aux buralistes.
Le Collectif des acteurs de la cigarette électronique (CACE) a dénoncé lundi une décision "scandaleuse", qui "outrepasse les pouvoirs du juge", après qu'un tribunal de commerce a estimé que la vente des e-cigarettes représente une concurrence déloyale aux buralistes. — Leon Neal AFP

«Bail à céder». Ce type de panneau fleurit en ce moment dans les rues, sur les devantures d'anciennes boutiques dédiées au vapotage. En effet, certains gérants semblent commencer à mettre la clef sous la porte. Et ce, après une période faste où les magasins ont poussé comme des champignons.

«Stagnation de l’activité au premier trimestre 2014»

Selon une étude du groupe Xerfi, ce marché est passé de 4 millions d'euros en 2010 à près de 275 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2013. Le nombre de vapoteurs a augmenté, lui, de 500.000 à 2 millions sur cette même période, selon la Fivape (Fédération interprofessionnelle de la Vape). Face à ces chiffres exponentiels, nombreux sont ceux qui ont cru repérer un eldorado commercial.

Aujourd’hui, la France compte près de 3.000 boutiques spécialisées, selon Rémi Parola, coordinateur de la Fivape. Et un essoufflement commence à se faire sentir. «Une stagnation de l’activité a effectivement été enregistrée au premier trimestre 2014, mais c’est encore un secteur jeune», tempère-t-il. S’il est difficile d’évaluer le nombre de fermetures de magasins, le phénomène est réel et explicable.

«Il y a une forme de saturation»

«En très peu de temps, la cigarette électronique est quasiment devenue un produit de consommation courante. Nous estimons à 10 millions les Français qui ont testé la cigarette électronique. Il y a eu un vrai phénomène d’expérimentation de la part des gens. Il fallait donc répondre à cette demande. Aujourd’hui, il y a une forme de saturation. Et toutes les boutiques qui ont ouvert ne pourront pas continuer dans cette activité», reconnaît-il.

Selon lui, il faut distinguer les «primos-accédants» et les «vapoteurs convaincus». «Les boutiques qui proposent des produits généraux peuvent désormais se retrouver en difficulté», explique-t-il. En revanche, ceux qui sont davantage spécialisés pour les «vrais» vapoteurs «resteront». «Si nous défendons le principe de liberté, nous réfléchissons actuellement au sein de la fédération à réguler le nombre de magasins par rapport au nombre de vapoteurs. Le tout dans un cadre de compétences et d’expertise», précise-t-il.

Concurrence et question de la sécurité?

Au-delà d’une concurrence accrue favorisée par la «facilité» d’ouverture d’une boutique, les tabacs commencent aussi à se diversifier et à proposer le matériel nécessaire au vapotage depuis un certain temps. Pour le coordinateur de la Fivape, c’est «le jeu», mais il déplore la volonté des buralistes de capter le monopole et appelle à ce que chacun reste dans son secteur: «Ils sont buralistes, nous sommes vapologues. Nous ne devrions pas vendre les mêmes produits», insiste-t-il.

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Enfin, si l’expérimentation, l’effet «mode» et la concurrence ont joué sur un certain essoufflement de l’activité, la sécurité pourrait aussi être un facteur déterminant, d’autant qu’une récente affaire vient relancer ce débat. En effet, une femme de 64 ans a été brûlée sur 5 cm à la cuisse au 3e degré, à cause, dit-elle, de l’explosion de la batterie de sa cigarette électronique dans sa poche. «C’est un cas malheureux mais qui reste totalement inédit en France. Car il y a des règles et des obligations pour les professionnels et des précautions à prendre de la part des utilisateurs», commente Rémi Parola.