Frondeurs, Europe, professions réglementées… Les déclarations chocs d’Emmanuel Macron

ECONOMIE Le successeur d’Arnaud Montebourg à Bercy était l’invité d’Europe 1 ce mercredi matin pour sa première grande interview depuis sa nomination…

C.P.

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Le ministre de l’Économie Emmanuel Macron le 12 septembre 2014.
Le ministre de l’Économie Emmanuel Macron le 12 septembre 2014. — ROMUALD MEIGNEUX/SIPA

On savait qu’Emmanuel Macron n’avait pas sa langue dans sa poche. Après sa sortie polémique en faveur des dérogations aux 35 heures dans Le Point et son plaidoyer pour une gauche «de bon sens» dans Ouest France, le nouveau ministre de l’Economie a une nouvelle fois mis les pieds dans le plat ce mercredi matin au micro d’Europe 1. Retour sur ses principales déclarations.

«La France est malade» Interrogé sur le climat politique délétère au lendemain du vote de confiance du gouvernement Valls 2, Emmanuel Macron a livré son diagnostic sans prendre de pincettes. «Ce climat dont vous parlez, d'où vient-il? (C'est) d'abord parce que la France est malade, elle n'est pas bien, il faut nommer la situation dans laquelle on vit. Il y a une fièvre depuis plusieurs années dans ce pays qui s'appelle le chômage de masse» et «il n'y a pas d'autre choix qu'avancer, agir pour réformer l'économie», a-t-il affirmé.

 «On paye cash une décennie perdue» Gouvernement au plus bas dans les sondages, politique économique critiquée au sein même de la majorité. Certes, a admis Emmanuel Macron, mais la responsabilité incombe aussi à la droite au pouvoir avant 2012: «L'impopularité qui est la nôtre, il ne faut pas se cacher derrière son petit doigt, c'est une impopularité due au manque de résultats. Pourquoi? Parce que sans doute on n'est pas allé assez fort et assez loin les deux premières années, parce qu'on n'a pas réformé et parce qu'on paye cash, si je puis dire, une décennie perdue».

«La Grève doit s’arrêter » Alors que les pilotes d’Air France entament ce mercredi leur troisième jour de grève pour protester contre le développement d’une filiale low-cost paneuropéenne Transavia, le ministre de l’Economie a appelé à l’arrêt du mouvement. «Je crois qu'il y a un dialogue social qui est normal au niveau de l'entreprise, je pense que celle-ci doit trouver quelques concessions souhaitables. Mais au-delà de ça, on ne peut plus accepter qu'un pays soit bloqué par quelques-uns (...) Je pense que la grève doit s'arrêter», a-t-il déclaré.

Le Medef «doit prendre sa part de responsabilité» Manuel Valls avait déjà renvoyé l’organisation patronale dans ses cordes mardi. Ce mercredi Emmanuel Macron lui a emboîté le pas au sujet des propositions formulées lundi par le Medef pour créer un million d’emplois en cinq ans (dérogation au SMIC et à la durée légale du travail, suppression de jours fériés, etc.): «Pierre Gattaz (patron du Medef) doit prendre sa part de responsabilité, pas faire des commentaires dans la presse», a-t-il lancé.

 

«Dire qu'on rendra 6 milliards de pouvoir d'achat aux Français, ce n'est pas vrai» Sur le dossier de la réforme des professions réglementées lancé cet été par Arnaud Montebourg, le ministre de l’Economie a poursuivi l’opération de déminage entamée la veille par Manuel Valls. Objectif: calmer la colère des professionnels. «On ne va pas résoudre les problèmes des Français en sacrifiant les notaires ou les pharmaciens. Il ne faut pas raconter d'histoires. Je ne vais pas dire qu'on rendra six milliards de pouvoir d'achat aux Français, ce n'est pas vrai, c'est une illusion», a-t-il lancé, démentant ainsi la promesse d'Arnaud Montebourg.

«La France ne réussira pas sans l’Allemagne, mais l’Allemagne ne réussira pas davantage sans la France» Avant sa visite à Berlin avec Manuel Valls, Emmanuel Macron a aussi tenu à rompre avec le discours d’Arnaud Montebourg qui pointait du doigt les responsabilités de l’Allemagne dans les difficultés de la France et de la zone euro. «Le problème de la France, c'est d'abord elle-même. (...) Une fois que l’on aura commencé à régler nos problèmes et que l’on aura montré à nos voisins que l’on sait le faire, on peut être exigeant avec eux et c’est ce qu’on peut faire avec l’Allemagne. Elle peut investir davantage et soutenir la demande au niveau de la zone euro, elle peut aller plus loin. La France ne réussira pas sans l’Allemagne, mais l’Allemagne ne réussira pas davantage sans la France. Donc c’est ensemble que l’on fera de grandes choses ».