Chômage: un corbeau relance la polémique

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Le déficit de l'Unedic s'est élevé à 3,192 milliards d'euros en 2005, portant le déficit cumulé à 13,452 mds EUR, et les prévisions tablent sur un déficit ramené à 5 mds EUR en 2008, selon la note d'équilibre technique du régime d'assurance-chômage communiquée mardi.
Le déficit de l'Unedic s'est élevé à 3,192 milliards d'euros en 2005, portant le déficit cumulé à 13,452 mds EUR, et les prévisions tablent sur un déficit ramené à 5 mds EUR en 2008, selon la note d'équilibre technique du régime d'assurance-chômage communiquée mardi. — Philippe Huguen AFP/Archives
La polémique sur les chiffres du chômage a resurgi mardi avec la diffusion d'une note qui le situe à 9,5%, bien au-dessus des 8,7% officiels. «Nous l'avons reçue dans un mail anonyme, mais nous avons vérifié son origine. Elle requiert des compétences pointues», a expliqué Thomas Coutrot, membre d'un collectif de chercheurs et syndicalistes baptisé «Les autres chiffres du chômage». «Les auteurs viennent forcément de services spécialisés», a confirmé Philippe Sabater, du SNU-ANPE. Toutefois, «un statisticien qui écrit une telle note doit rester anonyme pour sa carrière», remarquait mardi la CGT Insee.

Son ou ses auteurs, qui signent «Sky.», ne prétendent pas avoir eu accès à des données nouvelles, mais s'appuient sur les données de l'ANPE pour affirmer que «de fait, une révision du taux de chômage à la hausse de l'ordre de 0,8 point, soit 200.000 à 300.000 demandeurs d'emploi en plus, ne serait pas surprenante». En cause, selon la note: des «sorties» artificielles de certains chômeurs du baromètre officiel et des radiations par l'ANPE en forte hausse.

«C'est dire s'il est important que le juge de paix», en l'occurrence l'Insee, «remplisse sa fonction» en publiant «les résultats de l'enquête Emploi 2006», poursuit la note. L'Insee avait provoqué une controverse en janvier en décidant de publier sa révision des chiffres après les élections et non en mars comme d’habitude. L’institut doit détailler jeudi devant le Conseil national de l'information statistique les motifs de ce report.

«Je n'ai aucun pouvoir» sur le calendrier de publication des chiffres de l'Insee ou sur la méthode scientifique de calcul de l'institut de statistiques, a assuré pour sa part Thierry Breton, mardi, ajoutant que «l'Insee ne rend pas de comptes au ministre de l'Economie».