Christine Lagarde à la France: «Il faut garder le cap de la réduction des dépenses publiques»

ECONOMIE La directrice du FMI n'est pas convaincue que «les réformes structurelles qui génèrent de la croissance (soient) réellement, rapidement et complètement mises en oeuvre»...

M.C. avec AFP

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Christine Lagarde le 18 juillet 2014 à Paris
Christine Lagarde le 18 juillet 2014 à Paris — Miguel Medina AFP

La directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde, appelle la France à poursuivre ses efforts pour réduire son déficit budgétaire et à accélérer ses réformes, dans un entretien au quotidien Les Echos à paraître lundi.

«Il faut garder le cap de la réduction des dépenses publiques», défend Christine Lagarde, alors que le gouvernement français a été contraint cet été de revoir à la baisse ses ambitions en la matière.

L'inflation «ne peut pas être utilisée comme un paravent»

A la mi-août, le ministre des Finances Michel Sapin avait fini par reconnaître que la France ne parviendrait pas à ramener son déficit public à 3,8% du PIB cette année, avançant un chiffre supérieur à 4%. Dès lors, Paris ne sera pas non plus au rendez-vous des 3% -la norme européenne- l'an prochain.

En outre, la dirigeante du FMI a estimé que «même si l'inflation est plus faible que prévu, elle ne peut pas être utilisée comme un paravent pour reporter les efforts nécessaires sur la dépense», rejetant ainsi un argument avancé par Michel Sapin lui-même. Ce dernier avait plaidé la semaine dernière, dans un entretien à l'AFP, qu'«on ne peut pas avoir les mêmes objectifs (d'économies) avec une inflation qui devient très faible».

S'attaquer au «carcan de la réglementation du travail»

Parallèlement, Christine Lagarde appelle le gouvernement Valls à accélérer ses réformes, saluant notamment sa volonté de légiférer sur les professions réglementées, et conseille de s'attaquer, pas seulement en France mais «dans l'ensemble de la zone euro» au «carcan de la réglementation du travail».

Enfin, plutôt que d'un éventuel report en 2017 du retour du déficit sous les 3% du PIB, elle dit s'inquiéter que «les réformes structurelles qui génèrent de la croissance (soient) réellement, rapidement et complètement mises en oeuvre».

«Quand j'apprends que la France envisage d'avancer par voie d'ordonnance pour aller plus vite, je m'en réjouis. Tout ce qui est de nature à accélérer la mise en oeuvre de vraies réformes de fond va dans la bonne direction», ajoute-t-elle, appelant le gouverment à «passer des paroles aux actes».