Vers une «caution locative solidaire» pour tous les étudiants?

LOGEMENT Selon le site du quotidien «Les Echos», la ministre de l'Enseignement et de la Recherche va annoncer ce lundi l’élargissement de cette garantie de l’Etat mise en place en 2013 pour les plus modestes...

B. de V.

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Si Lyon brille par la qualité de son enseignenements et de ses universités, elle pêche dans le logement étudiant.
Si Lyon brille par la qualité de son enseignenements et de ses universités, elle pêche dans le logement étudiant. — C. Villemain / 20 Minutes (archives)

La caution locative étudiante va être généralisée, selon le directeur du Centre national des œuvres universitaires et scolaires (CNOUS), Guillaume Houzel, rapporte ce samedi le quotidien Les Echos. Une information confirmée par Julien Blanchet, le président de la Fage, interrogé par 20 Minutes. «Nous avons été intégré aux négociations», précise-t-il.

La secrétaire d’Etat à l'Enseignement supérieur et à la Recherche Geneviève Fioraso pourrait l'annoncer dès ce lundi lors de son déplacement au forum du logement étudiant du Crous de Paris. Ainsi l'État devrait se porter caution pour l'ensemble des étudiants de l'Hexagone et leur permettre de trouver un logement plus facilement. «C'est un premier pas après le revers sur l'encadrement des loyers, assure Julien Blanchet, mais cela ne va pas régler le problème du logement, d'autant que cette décision arrive un peu tard pour cette année universitaire.»

En quoi consiste ce dispositif?

Le dispositif existe déjà. Lancé en septembre 2013, il était cependant réservé aux plus modestes. La ministre avait à l'époque précisé qu'il s'adressait aux «étudiants de familles monoparentales», les propriétaires réclamant souvent que deux parents se portent caution. Cette garantie gérée par les Crous et les Cnous ne concerne quelque 1.700 personnes parmi lesquelles des étudiants en rupture familiale, des étudiants étrangers aux revenus modestes, ou des étudiants issus de familles monoparentales aux revenus modestes.

Ce qui changerait ?

Désormais, il devrait s'adresser à tous les étudiants âgés de moins de 28 ans et, parmi les plus de 28 ans, aux doctorants et post-doctorants étrangers. «Les critères sont souples», assure Julien Blanchet. Tous les types de logement seront concernés (via le Crous, les bailleurs privés ou sociaux, couple ou colocation). La mesure prévoit néanmoins un plafonnement du loyer. Pour une personne seule en province, le loyer couvert par l'État ne dépassera pas 500 euros mensuels. En Île-de-France, le montant garanti sera de 600 euros et de 700 euros à Paris. Des justificatifs de ressources seront exigés dans le dossier de demande de caution. Pour bénéficier de la caution, l'étudiant devra s'acquitter d'une cotisation équivalant à 1,5 % du montant du loyer.

Qui va financer?

Outre cette cotisation, le dispositif sera financé par le Crédit Coopératif et la Caisse des Dépôts  et Consignations (CDC) par l'intermédiaire d'un fonds de garantie de 600.000 euros. Selon Les Echos, certaines régions, volontaires, contribueront aussi à hauteur d'environ 400.000 euros.

Combien d’étudiants pourraient enfin en profiter?

Lors du lancement de l'initiative, inspirée d'un projet mis en place en Aquitaine, le ministère avait annoncé qu'à terme 15.000 à 20.000 étudiants pourraient bénéficier de cette caution étatique. Pour l'UNEF et la FAGE, interrogées par le quotidien, l'extension est une «bonne nouvelle» qui correspond à une vieille revendication. Même si elles se disent «vigilantes» sur sa mise en place.