François Rebsamen, l'ami de Hollande, reste à sa place

PORTRAIT Il conserve le ministère du Travail...

Céline Boff

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Francois Rebsamen à la sortie de Matignon le 10 juillet 2014 à Paris
Francois Rebsamen à la sortie de Matignon le 10 juillet 2014 à Paris — Kenzo Tribouillard AFP

Il ne bouge pas. François Rebsamen, 63 ans, conserve son poste de ministre du Travail, de l’Emploi et du Dialogue social. Il présentera donc mercredi les chiffres du chômage du mois de juillet. Et il a déjà prévenu qu’ils ne seront pas bons: «Avec 0% de croissance depuis le début de l’année, il ne faut pas s’attendre à ce que, malgré les politiques de l’emploi, le chômage diminue».

Avec Ségolène Royal, François Rebsamen avait été, lors du dernier remaniement, l’un des deux nouveaux visages du gouvernement. Il rêvait de l’Intérieur, il avait finalement décroché le Travail. Comme Royal, il se maintient donc dans le gouvernement Valls II au même poste. Il faut dire que cet intime de François Hollande n’a eu de cesse ces derniers mois de chanter les louanges de Manuel Valls, le qualifiant de ministre «professionnel» qui «fait les choses de manière sérieuse».

Quelques semaines après sa nomination, il avait souligné le fossé qui séparait la gestion de Jean-Marc Ayrault de celle de Manuel Valls. «La ligne politique est définie par le président de la République. Mais Manuel Valls, ce n’est pas Jean-Marc Ayrault. Il a sa manière à lui de dire les choses, il est plus cash, je crois, peut-être plus direct, une personnalité différente. Comme le dit le Président, il faut faire du Valls.»

Pas d’austérité, mais «une gestion rigoureuse»

De même, malgré les dossiers difficiles auxquels il a été confronté –chômage, dialogue social, etc– «Rebs» comme il est surnommé, ne s’est jamais départi de la ligne gouvernementale. Quelques jours après la présentation par Manuel Valls du plan d’économies de 50 milliards d’euros, il avait affirmé que le gouvernement n’était pas dans l’austérité mais «dans une gestion rigoureuse». «L’austérité, cela serait de diminuer les salaires, de faire ce qu’il s’est passé en Italie, en Espagne, en Grande-Bretagne», avait-il insisté.

Ce titulaire d’une maîtrise de droit public, d’un DESS de sciences économiques et diplômé de sciences politiques, n’a pourtant pas toujours été d’accord avec la ligne du Président, notamment en matière d’interdiction de cumul de mandats, mesure à laquelle il n’est pas favorable. Sa nomination au gouvernement, le 2 avril dernier, l’a pourtant contraint de renoncer à son poste de maire de Dijon (Côte-d'Or), ville qu’il avait arrachée à la droite en 2001, alors qu’elle y régnait depuis trente-cinq ans.

Si le PS a subi une défaite cuisante lors des dernières municipales, Rebsamen était parvenu à conserver sa ville, en remportant près de 53% des voix.