Le privé s’invite sur la voie

P. K.

— 

L'objet découvert mardi sur la ligne Paris-Nantes, près d'Angers, est bien un engin explosif, composé d'un mélange de chlorate-fuel (bien chlorate) et d'un système de mise à feu avec un minuteur et une pile, a-t-on appris mercredi de source judiciaire.
L'objet découvert mardi sur la ligne Paris-Nantes, près d'Angers, est bien un engin explosif, composé d'un mélange de chlorate-fuel (bien chlorate) et d'un système de mise à feu avec un minuteur et une pile, a-t-on appris mercredi de source judiciaire. — Frank Perry AFP

C’est une première qui fait jaser: la nouvelle ligne à grande vitesse (LGV) Tours-Bordeaux devrait être financée par le secteur privé. L'avis d'appel à candidatures a été publié jeudi au Journal officiel de l'Union européenne.

Une annonce qui a ravivé les inquiétudes de voir le réseau ferré français connaître la même dégringolade que le réseau anglais, totalement privatisé. RFF (réseau ferré de France) a tenu à dédramatiser: «Ce n’est pas une privatisation sauvage. Nous obéissons à une réglementation, et l’entreprise qui sera désignée devra répondre aux mêmes exigences en matière de sécurité. Elle ne pourra pas faire n’importe quoi.»

Le privé gèrera la sécurité

RFF rappelle d’ailleurs que «la distribution de l’eau est extrêmement surveillée. C’est peut-être là qu’il y a le meilleur service public, et pourtant ce sont des entreprises privées qui le gèrent.»

Ce serait la première fois qu’un partenariat public-privé (PPP) construira une ligne à grande vitesse, une procédure autorisée depuis novembre 2006. Le titulaire du PPP assurera «la conception, la construction, l'entretien, le renouvellement, l'exploitation et le financement du projet à ses risques. En contrepartie, il disposera des recettes produites par l'exploitation de la ligne», explique RFF, le gestionnaire du réseau.

La durée de la concession n'est pas encore fixée. Elle dépendra des projets des candidats mais ne pourra pas dépasser 65 ans. Selon le ministère des Transports, la construction de la ligne pourrait coûter 4,9 milliards d’euros. RFF évoque un chiffre entre 4,5 et 5,5 milliards d’euros.