Logement: La France est-elle pire que ses voisins européens?

IMMOBILIER Chez nos voisins européens, les logements sont-ils plus nombreux et moins chers?...

Audrey Chauvet

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Des logements en construction à Stratford, en Angleterre.
Des logements en construction à Stratford, en Angleterre. — Jeff Blackler/REX/REX/SIPA

Pas assez de logements, des prix à l’achat élevés, des loyers parfois excessifs… Fait-il si bon vivre en France? Alors que François Hollande a promis une nouvelle série de mesures pour relancer le secteur de la construction, 20 Minutes a fait un tour d’Europe pour voir si l’herbe (ou le béton) est vraiment plus verte ailleurs.

Paris n’a pas la palme des loyers exorbitants

Trouver un appartement à acheter ou à louer à Paris relève souvent du miracle. Mais la capitale française n’a pas le monopole de la pénurie de logements et des loyers exorbitants: à Londres, capitale la plus chère d’Europe, un trois pièces de 80m2 revient à près de 4.000 euros par mois, contre 2.500 euros à Paris en moyenne. La dernière étude de ECA International, datant de juin 2012, révélait de fortes disparités selon les pays: si les loyers augmentent au Royaume-Uni ou en Suède, ils ont plutôt baissé à Athènes, Bucarest, Madrid et Budapest. Dans les pays les plus fortement touchés par la récession, les prix locatifs ont chuté et Paris a aussi connu un léger recul de 0,7% des prix locatifs en 2013, d’après une étude Century 21.

Les acheteurs heureux à Budapest, Lisbonne ou Varsovie

Pour les aspirants propriétaires, il faut peut-être penser à faire ses valises. Si vous n’avez pas un gros budget, oubliez Paris et ses 8.140 euros du mètre carré en moyenne. Evitez Londres, où le même mètre carré peut atteindre les 10.000 euros. En revanche, foncez à Budapest, Lisbonne ou Varsovie qui affichent respectivement 1.140 euros, 1.640 euros et 1.704 euros en moyenne au mètre carré, d’après l’étude «Property Index» du cabinet Deloitte publiée en juin dernier. La même étude calculait que pour acquérir un appartement neuf de 70m2, un Français devrait débourser l’équivalent de 7,9 salaires annuels bruts moyens, tandis qu’un Danois, au niveau de vie plus élevé, ne devra s’endetter que de l’équivalent de 2,1 ans de salaire.

La construction, pas toujours au bon endroit

L’Irlande et ses grandes maisons vides se souviennent amèrement de la bulle immobilière qui a érigé de trop nombreux logements au début des années 2000. En Espagne, des quartiers entiers ont été construits en périphérie de Madrid et restent aujourd’hui encore des villes fantômes où les Espagnols, durement frappés par la crise économique, n’ont pas les moyens de se loger. En France, la tendance est plutôt inverse: il manquerait environ 450.000 logements par an. Une situation de tension que l’Allemagne a su éviter tout en se prémunissant de l’excédent d’offre: il se construit outre-Rhin environ 290.000 logements neufs par an pour une demande qui se maintient à environ 200.000 logements par an entre 2010 et 2020. Cet équilibre entre l’offre et la demande a permis à l’Allemagne de maintenir des loyers 10 à 20% plus faibles qu’en France. Mais nos voisins germaniques ont également profité d’un encadrement des loyers maintenu depuis les années 1950: un locataire allemand peut ainsi attaquer son propriétaire en justice si son loyer dépasse de 20% le prix «raisonnable» fixé par l’Agence nationale de l’habitat.

 

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