L'Imagerie d'Epinal change de propriétaire, la ville entre au capital

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Michel Heinrich, maire (UMP) d'Epinal, le 18 février 2001 lors de la campagne municipale à Epinal
Michel Heinrich, maire (UMP) d'Epinal, le 18 février 2001 lors de la campagne municipale à Epinal — Damien Meyer AFP

La célèbre imagerie d'Epinal, en activité depuis 1796, a été reprise par deux investisseurs privés et une société d'économie mixte (SEM), contrôlée par la ville d'Epinal, pour un montant global de 850.000 euros, a-t-on appris mercredi des repreneurs.

«La SEM apporte 400.000€ dans le capital, dont une avance remboursable de 100.000€ en compte courant, alors que mon associée et moi investissons 450.000€», a indiqué à l'AFP l'un des repreneurs, Pacôme Vexlard, un chef d'entreprise d'origine vosgienne qui s'est associé avec Christine Lorimy dans le projet.

L'Imagerie annonce un chiffre d'affaires annuel d'environ 850.000 euros, selon Eric Staub, qui avait repris l'entreprise en 1985 et qui en était jusqu'alors le PDG.

«Nous voulons que le fonds historique et les nouvelles créations voient le jour sous forme d'objets variés en collaboration avec d'autres marques, dans différents secteurs comme le textile, l'art déco, la papeterie et bien d'autres domaines», a expliqué M. Vexlard, qui entend créer un label «Images d'Epinal».

«Nous allons développer un choix plus large en terme de création, en greffant à l'Imagerie un pool de créateurs de renom identifiés par le grand public et les professionnels : illustrateurs, dessinateurs de presse, graphistes, peintres mais aussi des vidéastes, photographes», a-t-il ajouté.

L'injection de fonds publics dans le capital de l'imagerie avait provoqué une polémique, en juin, lorsque le projet avait été présenté par le maire UMP d'Epinal, Michel Heinrich: l'un des membres de sa majorité s'était alors inquiété de ces investissements dans des activités qui ne sont pas celles de la ville.

«Nous avons convenu qu'en cas de défaillance ou toute mésaventure, la SEM ne supportera aucune dette: elle est présente de manière significative au conseil d'administration et dispose d'un droit de regard sur la marque», a précisé Pâcome Vexlard, qui s'est défendu de toute «nationalisation».

L'Imagerie d'Epinal, la dernière de France, a repris la tradition de la légendaire Imagerie Pellerin fondée au XVIIIe siècle.

Placée en dépôt de bilan en 1984, elle avait alors été reprise par plusieurs actionnaires locaux, dont Eric Staub.

L'Imagerie d'Epinal exploite toujours son patrimoine traditionnel qui va de la planche d'historiettes --ancêtres de la BD-- aux célèbres «Chat botté» et autres illustrations de contes de Perrault.

Elle innove également en créant des images d'événements contemporains dessinées par des artistes locaux.