Ces traitements que les labos ne trouvent pas

©2006 20 minutes

— 

Un quart de siècle après son apparition, le sida (syndrome immuno-déficitaire acquis) continue de progresser, avec 11.000 nouvelles contaminations par jour et près de 3 millions de morts par an et l'appel à tenir les promesses pour enfin stopper la pandémie est au coeur de la Journée mondiale organisée par l'ONU vendredi.
Un quart de siècle après son apparition, le sida (syndrome immuno-déficitaire acquis) continue de progresser, avec 11.000 nouvelles contaminations par jour et près de 3 millions de morts par an et l'appel à tenir les promesses pour enfin stopper la pandémie est au coeur de la Journée mondiale organisée par l'ONU vendredi. — Mehdi Fedouach AFP/Archives

Une pilule efficace, pratique et pas chère. Mais ce n'est pas l'industrie pharmaceutique qui l'a créée. Sanofi-Aventis, qui fabrique les deux composants d'Asaq, le médicament contre le paludisme présenté hier par la fondation DNDi, n'avait pas pensé à les assembler. C'est DNDi, chargée par Médecins sans frontières (MSF) de trouver des remèdes à des maladies frappant les pays pauvres, qui l'a fait. Elle s'est ensuite appuyée sur le labo franco-allemand pour les dossiers de validation et sur son usine marocaine pour la production.Pourtant, Asaq était nécessaire. « Il suffit de six comprimés en trois jours au lieu de vingt-quatre pour les adultes. Et le traitement coûte 50 % de moins que les autres (un dollar pour l'adulte et 50 cents pour l'enfant) », souligne Pierre Chirac, consultant pour MSF. « On aurait trouvé la formule, mais DNDi a été plus rapide que nous », reconnaît Sanofi, qui consacre quatre milliards d'euros par an à la recherche. Il faut dire que le labo était sans doute peu motivé. « Ces malades ont peu d'argent », rappelle Philippe Pignarre, spécialiste de l'industrie pharmaceutique. En revanche, Sanofi a « redoré son blason à peu de frais » en renonçant à tout brevet. Et le laboratoire vendra l'Asaq quatre fois plus cher aux non-démunis. Une victoire pour DNDi, dont les futures actions risquent toutefois d'être freinées par un budget de seulement quatre millions d'euros par an.


Angeline Benoit