VIDEO. Le déficit public «sera supérieur à 4% du PIB en 2014», concède Michel Sapin

CROISSANCE Le ministre du Travail s'exprime au moment de la publication du chiffre de la croissance du trimestre...

B. de V. avec AFP

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Le ministre des Finances français Michel Sapin le 31 juillet 2014, lors d'une conférence de presse à Rome
Le ministre des Finances français Michel Sapin le 31 juillet 2014, lors d'une conférence de presse à Rome — Alberto Pizzoli AFP

Jeudi noir pour l'économie française. Michel Sapin a reconnu la «panne» de croissance de la France et appelé à une réponse européenne, passant par la BCE et par une «adaptation» des règles budgétaires.

Le ministre des Finances prévient dans une tribune publiée par Le Monde que la France n'atteindra que 0,5% de croissance cette année, contre un objectif initial de 1%, et ne croit pas pour 2015 à un chiffre «très supérieur à 1%».

La France a connu au printemps un deuxième trimestre consécutif de stagnation économique, avec une croissance nulle du Produit intérieur brut en volume, comme en début d'année, a indiqué jeudi l'Insee. 

L'objectif promis à Bruxelles compromis

La faible croissance conjuguée à une inflation peu vigoureuse se traduira par un déficit public «supérieur à 4% du Produit intérieur brut en 2014», a encore indiqué le ministre, au lieu d'une prévision initiale de 3,8%. L'objectif d'un respect en 2015 de la limite européenne de 3% s'en trouverait de fait compromis.

Rappelant que l'Europe toute entière était «atteinte par cette langueur» conjoncturelle et cette «panne» de croissance, Sapin a estimé que la solution devait venir aussi de Francfort, siège de la BCE, et de Bruxelles, siège de la Commission européenne.

Sapin interpelle l'Europe

«L'Europe doit agir fermement, clairement, en adaptant profondément ses décisions à la situation particulière et exceptionnelle que connaît notre continent. La France pèsera en ce sens», écrit-il.

«La Banque Centrale Européenne a pris de bonnes décisions. Elle doit aller jusqu'au bout de ses possibilités, conformément à son mandat, pour que le risque de déflation disparaisse et que l'euro retrouve un niveau plus favorable», écrit Sapin. Jusqu'ici la BCE s'est en particulier refusée à financer directement les Etats via l'achat de dette publique.

Le ministre français demande aussi d'«adapter le rythme de la réduction des déficits publics à la situation économique actuelle», qui voit la France dans l'incapacité de tenir ses objectifs de réduction des déficits.

Paris, de son côté, tiendra «sans faiblesse» sa promesse de faire des économies de 50 milliards d'euros et poursuivra ses réformes, mais ne tentera pas de combler les nouvelles brèches dans ses finances par des augmentations d'impôts, assure Sapin.