Coopérative Nice-Matin: les salariés en négociation avec trois investisseurs

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L'entrée du quotidien Nice-matin à Nice, le 20 décembre 2012
L'entrée du quotidien Nice-matin à Nice, le 20 décembre 2012 — Valery Hache AFP

Les représentants des salariés du groupe Nice-Matin, placé en redressement judiciaire, ont affirmé avoir trois investisseurs intéressés par leur projet de reprise sous forme de coopérative, après avoir été reçus mercredi par le cabinet d'Aurélie Filippetti.

«Nous avons construit ce projet parce qu'on avait trois investisseurs qui sont venus frapper à notre porte (...) ces repreneurs ont des compétences en matière de presse», a déclaré Jean-François Roubaud, délégué SNJ et représentant de l'intersyndicale Nice Matin.

Cinq repreneurs se sont déclarés candidats à la reprise du groupe, mais aucun d'entre eux ne fait «partie des trois personnes morales avec qui nous négocions», a précisé M. Roubaud.

Les salariés ont eux-mêmes déposé un dossier de reprise via une société coopérative et participative (SCOP) qui nécessitera un adossement à des investisseurs privés et des prêts, et ont appelé leurs lecteurs à participer au projet à travers des dons.

D'après les syndicats, les autres candidats sont la Société normande d'information et de communication (éditrice de Paris Normandie, du Havre Libre et du Havre Presse), le principal actionnaire de Libération Bruno Ledoux, l'ex-propriétaire de La Tribune et de France-Soir Georges Ghosn, le groupe de presse belge Rossel (Le Soir, La Voix du Nord, l'Union) associé au groupe de BTP monégasque Marzocco et à l'homme d'affaires franco-libanais Iskandar Safa, et enfin le groupe Azur Santé Retraite.

Interrogé sur la présence parmi les trois investisseurs en négociations avec la SCOP de Bernard Tapie - qui avait affirmé en juin qu'il ne «[laisserait] pas tomber» les salariés du groupe -, le syndicaliste n'a pas souhaité répondre.

«Benard Tapie a toujours dit qu'il sauverait Nice Matin. Pour le moment, il n'est pas l'un des candidats à la reprise qui demanderait 300 à 500 départs», a-t-il rappelé.

«La porte est ouverte à qui veut accepter notre projet», a-t-il poursuivi.

Mercredi, les salariés étaient parvenus à collecter plus de 157.000 euros, et les syndicats ont confirmé avoir reçu le soutien financier de plusieurs personnalités politiques comme l'ancienne ministre UMP Nathalie Kosciusko-Morizet, l'ex-ministre du Logement Cécile Duflot, le maire de Nice Christian Estrosi, le premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis et «des élus communistes».

Les cabinets des trois ministères présents lors de la rencontre (Communication, Economie et Travail) ont réaffirmé leur soutien au projet de coopérative des salariés : «ils s'engagent à nous soutenir en termes d'ingénierie et d'expertise pour qu'on puisse concourrir à la barre du tribunal comme les autres», a dit M. Roubaud.