Avec l'InterContinental Paris - Le Grand, le Qatar poursuit son marché dans l’immobilier parisien de luxe

IMMOBILIER Un nouvel investissement de 330 millions d'euros pour les Qataris à Paris...

Bertrand de Volontat

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L'Hôtel Intercontinental Paris- Le Grand
L'Hôtel Intercontinental Paris- Le Grand — Jean-Pierre Muller AFP

L’histoire d’amour qui unit le Qatar au parc immobilier parisien bat plus fort que jamais. InterContinental Hotels Group (IHG) a en effet annoncé ce jeudi être entré en négociations exclusives avec le groupe qatari Constellation pour lui vendre l’hôtel «InterContinental Paris - Le Grand» pour 330 millions d’euros. Un établissement ouvert en 1862 disposant du restaurant de la Verrière et du célèbre Café de la Paix.

Le qatari Constellation s’est de son côté engagé à investir 60 millions d’euros dans la rénovation de l’hôtel de 470 chambres décorées dans le style Napoléon III -dont 70 suites- proche de l’Opéra.

Onze ans d’investissements parisiens

Un nouvel investissement de taille pour le Qatar qui poursuit sa stratégie dans l’immobilier de luxe hexagonal. En onze ans, les Qataris viennent d’investir près de sept milliards d’euros dans l’immobilier français, via différents fonds. Outre la Côte d’Azur très prisée, les acheteurs qataris se concentrent principalement sur Paris.

Hôtels de luxe, bureaux et appartements haut-de-gamme, rien n’est laissé au hasard à Paris par les Qataris. Tout a commencé en 2003 avec l’Hôtel d’Evreux, place Vendôme, acheté par l’émir Hamad Ben Khalifa Al-Thani, pour 230 millions d’euros. Déjà, la très onéreuse restauration du bâtiment et la construction décriée de la piscine dans ce vieil hôtel avaient marqué les esprits. Depuis, le parc s’est renforcé avec l’hôtel Lambert (80 millions), l’hôtel du Louvre et l’hôtel Concorde Lafayette (acquis également par Constellation), l’hôtel Raffles-ex-Royal Monceau pour 250 millions et l’ancien centre de convention Kléber devenu l’hôtel Péninsula (460 millions), ouvert ce mois-ci.

Les Champs-Elysées, symbole de l’ultra luxe

Sur les Champs-Elysées, véritable coup de cœur de ces investisseurs moyen-orientaux, les Qataris ont acquis les anciens bureaux d’HSBC pour 440 millions, au 103 de l’avenue. Qatar Investment Authority (QIA) a racheté à Groupama les immeubles des années 30 de l’ex-Virgin Mégastore et de Monoprix, soit 26.000 m² au 52-60 de l’avenue, le Lido et l’espace commercial Elysée 26. En septembre 2013, la salle d’exposition Citroën C42, a été vendue pour 77 millions d’euros à l’ancien émir du Qatar.

Capitale de la mode mais aussi des affaires, «Paris avant tout reste la ville de l’ultra-luxe, justifie Balkys Chida-Klewer, consultante Barnes biens d’exception qui explique les raisons de tels investissements. Si vous n’êtes pas présent à Paris, vous n’existez pas». Aussi, «les Qataris ont du mal à créer leur marque propre». Donc ils achètent. «Dernièrement, ils ont investi dans le Printemps pour un faire un Harrods ultra-luxe.»

Autre explication de ces achats en série, la convention fiscale, adoptée en février 2009 au Sénat, exonérant d’impôt les plus-values immobilières et les gains en capital réalisés par le Qatar ou ses entités publiques- y compris la famille de l’émir- sur des biens détenus en France. Afin d’améliorer l’attractivité de notre pays. Un texte qui porte ses fruits.