Ces start-up françaises dont vous allez entendre parler 3/5 - Hitster, l'offre low-cost pour la musique en ligne

HIGH-TECH «20 Minutes» se penche sur les jeunes pousses hexagonales qui s’implantent sur les secteurs porteurs. Aujourd’hui: l'application francilienne de streaming à bas prix Hitster...

Bertrand de Volontat

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Hitster, offre low cost pour la musique en ligne
Hitster, offre low cost pour la musique en ligne — Hitster

La musique en ligne française tiendrait-elle son Free? Vous connaissiez Deezer, la jeune pousse française, voici Hitster le dernier-né du streaming musical hexagonal. Cette application mobile, sur iOS et Android et bientôt sur Windows, lancée par la PME francilienne éditrice de contenus Cellfish Media, vous propose une offre low-cost pour la musique en ligne, proche de l’offre «Fnac Jukebox».

«Nous fournissons chaque semaine exclusivement sur mobile une sélection de 100 hits d’hier et d’aujourd’hui pour 1,99 euro par mois, sans publicité, provenant des trois principales majors avec lesquelles nous sommes sous contrat (Sony, Warner, Universal)», explique Eric van Eeckhout, directeur marketing de Cellfish. La sélection est réalisée en fonction des tendances fortes repérées sur les téléchargements BitTorrent, les clips vidéos les plus vus sur YouTube ou encore l’actualité comme les télécrochets qui remettent de vieux hits au goût du jour.

Une offre grand public, loin des aguerris

L’idée d’Hitster repose en premier lieu sur le fait qu’une importante partie de la population française écoute des hits, ces mêmes personnes qui achetaient des singles lorsque les plateformes de streaming étaient à peine nées dans les années 2000 ou celles qui achetaient des compilations. La moyenne à l’époque était un achat de deux CD par an, constate Eric Van Eeckhout.

«Nous avons une vocation mainstream, grand public, affirme-t-il. Nous avons pensé Hitster pour un segment de marché qui n’était pas visé par les offres actuelles, soit payantes aux alentours de 10 euros par mois (Spotify et Deezer à 9,99 euros par mois) soit gratuites et visant des mélomanes connaissant bien leur musique au sein de gros catalogues». Hitster s’adresse à une population qui veut retrouver des chansons qu’elle aime bien, dont elle a attendu l’air à la radio ou en soirée. «Nous ne sommes pas sur de la découverte», admet son directeur marketing.

Un public exigeant sur les prix

La seconde hypothèse d’Hitster repose sur le temps d’écoute mobile. «Nous partons du constat que la plupart des personnes écoutent moins de 13 artistes et de 25 titres par mois, pour au final écouter 200 chansons soit 2h30 de musique par semaine». Et de plus en plus sur leur mobile. Selon un sondage Yougov*, le smartphone est devenu le support d’écoute le plus prisé.

Toujours selon ce sondage, 62% se disent dérangés par la publicité sur les offres gratuites et 58 % jugent les abonnements trop chers. Le juste prix serait pour eux de 4,40 euros. Hitster tend à se rapprocher de ce modèle économique. Nous voulons «rendre la musique accessible à tous», explique Eric van Eeckhout.

Avec l’ambition de bousculer le marché comme l’opérateur mobile de Xavier Niel dans les télécoms? «On ne casse pas le marché, assure Eric Van Eeckhout. Nous sommes à mi-chemin entre une offre large et un effet compilation. Ce que nous apportons c’est juste le fait de dire que "si je ne suis pas aguerri, je suis sûr de retrouver les morceaux que je ne connais pas trop".»

Des options payantes

Alors les Français sont-ils prêts pour cette offre? «Le streaming est un sujet à la mode mais son de taux de pénétration n’est pas encore massif», poursuit le cofondateur. La France compte entre 1,5 et 2 millions d’abonnés à des services de streaming audio, selon le syndicat national de l’édition phonographique. Hitster vise 10 à 15 % de ce marché.

Enfin, comme tous les produits low-cost, Hitster propose des options payantes à 0,99 euro. Le mode hors connexion, l’option playlist, ou la sauvegarde des hits qui sortent de la hitlist d’une semaine sur l’autre ou encore la location d’un album qu’on peut garder ou échanger sont à disposition. Même avec ces nombreuses options, l’offre reste inférieure à la barrière symbolique des 4,40 euros.

*Sondage réalisé entre le 14 et le 16 mars 2014 par Internet auprès d'un échantillon de 1.091 personnes représentatif de la population française de 18 ans et plus (méthode des quotas), sur un panel propriétaires.