La Bourse de Paris commence la semaine du bon pied mais reste prudente

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Le palais Brongniart, ancien siège de la Bourse à Paris
Le palais Brongniart, ancien siège de la Bourse à Paris — Thomas Coex AFP

La Bourse de Paris a démarré la semaine du bon pied (+0,34%) après trois séances de baisse, un peu rassurée par le sauvetage de la banque Banco Espirito Santo (BES) au Portugal, mais sans se départir de sa prudence.

L'indice CAC 40 a gagné 14,44 points à 4.217,22 points, dans un volume d'échanges de 3,3 milliards d'euros. Vendredi, il avait perdu 1,02%.

Sur les autres places européennes, la Bourse de Francfort a perdu 0,61% et celle de Londres a fini à l'équilibre (-0,02%). Par ailleurs l'Eurostoxx a terminé à l'équilibre (-0,07%).

Le marché parisien a repris des couleurs dès l'ouverture d'une séance sans indicateur économique notable au programme. L'ouverture en hausse de la Bourse de New York a également soutenu la tendance.

La progression finale des indices reste toutefois modeste au regard de la perte cumulée de 3,7% des trois dernières séances.

«Le rebond n'est pas de grande ampleur», a noté Alexandre Baradez, un analyste de IG.

«Cette séance ressemble plus à une journée de transition entre une semaine chargée et une autre un peu plus légère avec un repositionnement des investisseurs plus qu'un vrai changement de tendance», a-t-il poursuivi.

«Le sauvetage de BES apporte un petit soulagement de court terme», car il permet «aux marchés de comprendre qu'il n'y a pas de risque systémique», même s'il ne faudrait pas qu'il y ait un autre établissement en difficulté, a-t-il développé.

L'État portugais s'est résolu dimanche à renflouer à hauteur de 4,9 milliards d'euros la banque Espirito Santo (BES), en isolant les actifs toxiques et en mettant fortement à contribution ses actionnaires.

Le marché faisait par ailleurs toujours montre d'une certaine prudence, en raison du risque géopolitique lié à l'Ukraine et de ses conséquences possibles sur la croissance mondiale.

Le rebond est «alimenté essentiellement par deux phénomènes: le repositionnement des investisseurs qui cherchent des opportunités en août, et surtout l'annonce d'un plan d'aide pour Banco Espirito Santo qui est suffisamment crédible pour endiguer les craintes de nouvelle crise bancaire en Europe du sud», a expliqué Christopher Dembik, économiste chez Saxo Banque.

Le marché faisait par ailleurs toujours montre d'une certaine prudence, en raison du risque géopolitique lié à l'Ukraine et de ses conséquences possibles sur la croissance mondiale.

«La cote reste dans une période estivale assez particulière» et en entrant dans le mois d'août, les investisseurs font «une sorte d'état des lieux», avec «des menaces géopolitiques toujours fortes, sans signes clairs de désescalade aussi bien en Ukraine qu'au Proche-Orient», a relevé M. Baradez.

«Les investisseurs vont surtout regarder du côté des banques centrales», à commencer par la BCE jeudi, car même si aucune nouvelle mesure n'est attendue, «les éléments de communications --notamment sur l'inflation-- seront beaucoup scrutés», a-t-il ajouté.

Les différentes déclarations de membres de la Réserve fédérale américaine seront aussi suivies, alors que les propos visant «à préparer les esprits à un resserrement monétaire plus rapide que prévu se multiplient», selon M. Baradez.

Parmi les valeurs, Axa a poursuivi sur sa lancée à la hausse de la fin de semaine dernière (+2,42% à 17,79 euros). Les analystes de Bank of America-Merrill Lynch ont relevé leur recommandation sur la valeur après des résultats supérieurs aux attentes.

Crédit Agricole, qui publie ses résultats mardi matin, a pris 1,98% à 10,29 euros, après le sauvetage de BES dont il est actionnaire à hauteur de 14,6%.

Les valeurs bancaires ont été de manière générale soutenues par cette annonce. BNP Paribas a gagné 0,86% à 50,19 euros, Société Générale 0,31% à 36,96 euros et Natixis 5,03% à 5,1 euros.

Iliad a perdu 1,02% à 189,6 euros. Le patron du groupe Xavier Niel se dit «ouvert» à des alliances pour son projet de prise de contrôle du groupe américain T-Mobile US, dans une interview vendredi avec le Wall Street Journal.

Renault a fini en tête du CAC 40 (+2,67% à 61,8 euros), bénéficiant de la solide progression des ventes de voitures en juillet en Allemagne, le constructeur français occupant la 2e place parmi les groupes étrangers sur le premier marché automobile européen.

Sanofi a progressé de 0,72% à 79,48 euros. Des fonds de capital-investissement étudient un plan de rachat des portefeuilles d'anciens médicaments du français et de GlaxoSmithKline pour 10 milliards de dollars, selon le Financial Times.

Ubisoft a plongé de 6,28% à 11,35 euros, poursuivant son important mouvement de baisse entamé début juin, alors que le groupe entre dans une période un peu moins favorable.

Publicis a fini à l'équilibre (+0,09%) à 53,66 euros après avoir acquis une participation minoritaire dans l'agence spécialisée dans la communication numérique Arcade, basée à Singapour.

GDF Suez a cédé 0,16% à 18,82 euros. La part du capital cédée par l'État s'élève en définitive à 3,66%, la fraction réservée aux salariés et anciens salariés du groupe énergétique ayant été augmentée.

Enfin, Onxeo a reculé (-3,62% à 6,93 euros). Le groupe, tout juste issu de la fusion entre la société biopharmaceutique française BioAlliance Pharma et son concurrent danois Topotarget, a essuyé une perte de 12,95 millions d'euros au premier semestre.

Euronext (CAC 40)