VIDÉOS. Hollande/Gattaz: Une querelle médiatique en 5 actes

ECONOMIE Retour sur cinq moments-clés et phrases chocs de cette première année de relation conflictuelle autour du «pacte de responsabilité»…

Bertrand de Volontat

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François Hollande et Pierre Gattaz le 21 janvier 2014 à l'Elysée pour les voeux aux acteurs économiques
François Hollande et Pierre Gattaz le 21 janvier 2014 à l'Elysée pour les voeux aux acteurs économiques — Philippe Wojazer Pool

Ils sont probablement les meilleurs ennemis de France. Ce lundi, le Président de la République a rappelé à l’ordre le président du Medef après les commentaires de ce dernier sur la situation économique «catastrophique» de la France publiés dans Le Figaro. Un énième épisode d’une confrontation médiatique qui dure depuis juillet 2013.

15 juillet 2013. Gattaz pousse un cri d’alarme

La déclaration. «La reprise, elle est là», déclare Hollande lors de son interview télévisée du 14 juillet, citant «une production industrielle qui repart».

La réponse. Le tout nouveau patron du Medef reçu une semaine plus tôt à l’Elysée après son élection le 3 juillet, s’inquiète. «Le président de la République m’a fait un peu peur, d’une part en annonçant une sortie de crise que je ne vois pas personnellement. Nous voyons toujours des entrepreneurs très angoissés avec des carnets de commandes très faibles», déclare-t-il le lendemain depuis Marseille.

17 janvier 2014. Le Pacte «sur un plateau»

La déclaration. «Nous avons salué le Pacte de responsabilité que nous a servi le président de la République et qui était inspiré, je ne le dis pas trop fort, du Pacte de confiance que nous lui avons apporté sur un plateau, affirme à l’occasion des vœux de l’Alliance des minerais, minéraux et métaux. Je ne signerai jamais que nos entreprises vont créer un million d’emplois. Ce serait suicidaire».

La réponse. Hollande prévient qu’il exigera des contreparties «mesurables» aux 40 milliards d’euros allégements de charges promis aux entreprises dans le cadre du pacte, sans toutefois chiffrer les créations d’emplois attendues.

12 février 2014. Passe d’armes aux Etats-Unis 

La déclaration. Le 10 février, alors qu’il accompagne Hollande à Washington, Gattaz sème le trouble en répétant que les allégements de charges promis aux entreprises par le chef de l’Etat ne devaient pas s’accompagner d’une «contrainte». Avant de rétro pédaler.

La réponse. Deux jours plus tard, dans la Silicon Valley, devant un parterre quelque 3.000 Français de San Francisco, Holland ironise «Ça fait du bien de se retrouver entre Français avec le président du Medef». «Il sera même dit que j’ai fait applaudir le président du Medef, je ne doute pas qu’il me rendra la pareille le moment venu, ça fait partie du pacte de responsabilité, j’imagine.»

7 juillet 2014. L’emploi, pomme de discorde

La déclaration. «Ce que j’espère c’est que le président de la République annoncera internationalement, publiquement au monde que ce pacte est en marche, qu’il a été mis dans la loi à trois ans pour lui donner une visibilité. Depuis six mois le monde attend des annonces de façon à dire, il se passe quelque chose en France», affirme Pierre Gattaz au premier jour de la Conférence sociale.

La réponse. Hollande demande au patronat de «s’emparer» du pacte «de manière urgente et à aboutir à de vrais résultats» en matière de créations d’emplois.


Conférence sociale: François Hollande annonce… par LEXPRESS

21 juillet 2014. Hollande rappelle Gattaz à l’ordre

La déclaration. «La situation économique de la France est catastrophique» affirme Pierre Gattaz dans un entretien au Figaro. Pour le patron des patrons «la croissance n’est pas là! Il n’y a plus d’investissement et plus d’embauche. Le pacte seul ne suffira pas à redresser la France».

La réponse. Le président de la République lors d’un dîner ce lundi avec les journalistes de l’Association de la presse présidentielle assure «qu’il y a un problème de langage. On a envie de lui demander: “Si vous avez signé le pacte de responsabilité, c’est parce que vous pensiez qu’il allait dans la bonne direction. Ce n’est quand même pas moi qui ai porté un badge ‘un million d’emplois’».