Eté: Quand la vie de bureau devient une grande récréation

ENTREPRISE Les mois de juillet et d’août sont propices à la décompression sur le lieu de travail…

Nicolas Beunaiche

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Des employés de 20Minutes se détendent autour d'un baby-foot le vendredi 11 juillet
Des employés de 20Minutes se détendent autour d'un baby-foot le vendredi 11 juillet — C.LAEMMEL/20MINUTES

Quand les chefs sont en congés, leurs subalternes dansent. Si pour un certain nombre d’entreprises, l’été signifie un regain d’activité, pour d’autres, il est plutôt synonyme de semi-vacances. A tel point que les bureaux deviennent parfois, en juillet-août, un vaste terrain de jeux. Des internautes de 20 Minutes ont accepté de nous raconter leurs journées.

Dans la compagnie d’assurances de Marc*, au Havre, depuis quelques semaines, le quotidien se partage ainsi essentiellement entre courses de fauteuils, échange de messages sur Snapchat (de 20 à 30 par jour, tout de même) et jeu sur l’application mobile consacrée aux Simpsons. «Avec la chaleur, la baisse d’activité et l’absence des chefs, il y a de la démotivation, explique-t-il. Tout cela nous pousse à ne rien faire, alors on se réunit pour ne rien faire ensemble.»

Les jeux ne sont évidemment pas propres à l’été. Toute l’année, certaines entreprises, en particulier celles de la Web-économie, proposent à leurs employés des espaces où se reposer, se détendre ou s’amuser. Mais ils ne leur sont jamais aussi utiles qu’en juillet-août. «En ce moment, le baby-foot me prend environ une heure trente par semaine, raconte Caroline, community manager à Paris. Avec des collègues, on vient même de créer un Doodle pour organiser un tournoi…» Pas facile, en effet, de caser les matchs entre le goûter collectif et les parties de jeu vidéo sur la console prêtée par l’entreprise. Sans compter les pauses sur la «pelouse» de relaxation (où l’on peut trouver une guitare) et les jets de balle en mousse.

«Un frigo à la “Mad Men”»

Pourtant, quand on leur demande si leurs activités estivales nuisent à leur travail, les semi-vacanciers des open space s’insurgent. «Ma productivité reste la même, j’ai simplement moins de travail», se défend Christelle, commerciale à Paris, pour justifier ses pauses à rallonge et les pots entre collègues qui se multiplient. «D’ordinaire, je traite 100 messages par jour; en ce moment, j’en reçois un tiers de moins», témoigne, de son côté, Caroline. Soraya, une cadre marketing parisienne dont le déjeuner dure désormais deux heures au lieu d’une heure trente, va même plus loin. D’après elle, «l’été est au final bénéfique à mon travail; dans les bureaux vides, je peux enfin me concentrer».

Voilà qui devrait rassurer ses chefs. Pour d’autres, c’est toutefois moins évident. «Je suis dans une boîte qui a un léger penchant pour l’alcool, confesse Christelle. On a un frigo et un placard dignes de “Mad Men”… et on a jusqu’à septembre et l’interdiction des pots alcoolisés pour les vider!» L’été, tout serait-il donc permis au travail? Pas sûr, à en juger par la demande d’anonymat des salariés qui ont bien voulu témoigner. Christelle se souvient d’ailleurs d’un moment dont elle n’est pas très fière. «Dans mon ancienne entreprise, on avait organisé un baccalauréat et en pleine action, les actionnaires sont arrivés, se remémore-t-elle. Sur le coup, on a fait semblant d’être en réunion avec les stagiaires et les chefs de produits. Mais on a eu chaud…» Un des nombreux effets de l’été.

*Tous les prénoms ont été changés.