«Nous voulions un souvenir des Etats-Unis, nous avons ramené les Rainbow Loom»

ENTREPRISE Depuis son retour de Floride en mai 2013, Emmanuel Laurençon est devenu le distributeur exclusif des bracelets en élastiques en France…

Propos recueillis par Floriane Dumazert

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La famille Laurençon a importé les Rainbow Loom en France
La famille Laurençon a importé les Rainbow Loom en France — Emmanuel et Morgane Laurençon

Emmanuel et Morgane Laurençon avaient pressenti le succès. Installé temporairement aux Etats-Unis, le couple a découvert ces bracelets réalisés à partir de petits élastiques attachés les uns aux autres. Depuis, ils ont monté leur société et ont obtenu les droits exclusifs pour l’importation des Rainbow Loom. Les Quimpérois reviennent avec 20 Minutes sur l’itinéraire de leur succès.

Comment avez-vous découvert les Rainbow Loom?

En juillet 2012, nous nous sommes installés, temporairement avec ma famille aux Etats-Unis. Un jour de mars 2013, ma fille de 9 ans a ramené de l’école des bracelets réalisés en assemblant de petits élastiques en plastique. Rapidement, nous avons constaté un réel engouement autour de ce jeu. Les amis qui nous rendaient visite commençaient à y jouer. En Floride, une quinzaine de personnes pouvait faire la queue devant un magasin pour acheter les petits élastiques. Pour notre retour en France, nous voulions ramener quelque chose des Etats-Unis: nous avons choisi les Rainbow Loom.

Comment vous êtes-vous imposé dans la vente de ces bracelets en France?

Nous sommes rentrés en France en mai 2013. En juin, nous avons pris contact avec le créateur américain des Rainbow Loom, un ingénieur père de famille qui travaillait dans son garage. En juillet, nous avons négocié les droits d’exclusivité pour la France, crée notre société Créative Imports en août pour lancer le produit en France à l’automne 2013. Entre octobre et novembre 2013, nous avons fait des démonstrations du produit dans des foires et des magasins du Grand-Ouest. Mais c’est lors de la Kid Expo de Paris, en octobre, que nous avons constaté un vrai engouement autour du jeu. C’est à ce moment que La Grande Récré nous a donné le partenariat sur tout le territoire.

Comment se porte le marché des looms en France?

Sur trois mois consécutifs, avril, mai et juin, nous avons été les premiers des ventes dans tout l’univers du jouet. A la fin du mois de juin 2014, nous avons écoulé 350.000 kits de jeu et plus d’un million de sachets d’élastiques. Nous atteignions alors 4,5 millions de chiffre d’affaires. Désormais, nous visons 9 millions d’ici la fin de l’année.

Mais nous devons aussi faire face à la concurrence, principalement Cra-Z-loom. Aux Etats-Unis, il est sous le coup d’un procès pour violation du brevet déposé pour Rainbow Loom par son inventeur. En parallèle, des copies provenant de Chine apparaissent sur le marché. Ces dernières sont souvent dangereuses car elles ne respectent pas les normes de sécurité. Le Rainbow Loom est souvent imité, jamais égalé. Mais nous n’avons pas d’inquiétude: le Rubik’s Cube aussi a eu beaucoup de concurrents, mais aujourd’hui, on ne trouve plus que l’original dans les magasins.

Ce phénomène de mode ne risque-t-il pas de disparaître aussi vite qu’il est apparu?

Le Rainbow Loom ne s’épuisera pas totalement, parce qu’il repose sur la création. Après les bracelets, les enfants se lancent déjà dans des objets plus compliqués, des figurines ou même des coques de téléphone. Et nous allons entretenir ce phénomène. A la rentrée 2014, nous lancerons un nouveau kit pour faire des bracelets plus compliqués.