Comment les Rainbow Loom sont devenus les stars des cours d’école

JOUET - Ces bracelets faits de petits élastiques se sont imposés en France en moins de six mois …

Floriane Dumazert

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Les bracelets Rainbow Loom ont séduit les enfants.
Les bracelets Rainbow Loom ont séduit les enfants. — MCT/SIPAUSA/SIPA

Depuis le début de l’année, les Rainbow Loom envahissent les avant-bras des écoliers. Derrière ce succès fulgurant se cache une famille quimpéroise qui a introduit en France ces bracelets d’élastiques, tout droit venus des Etats-Unis. En juillet 2012, Emmanuel Laurençon s’installe en Floride avec sa femme et ses quatre enfants.

«Un jour de mars 2013, ma fille de 9 ans est rentrée de l’école avec des Rainbow Loom au poignet», raconte-t-il à 20 Minutes (lire l'intégralité de l'interview ici). C’est le début d’une folle aventure. Constatant un véritable engouement autour du produit, il décide de rentrer en France dès le mois de mai pour le distribuer.  

Et la machine commerciale ne tarde pas à se mettre en route. En juin 2013, le couple contacte l’inventeur des Rainbow Loom, Cheong Choon Ng, «un ingénieur américain, père de famille, qui travaille dans son garage». Les Quimpérois obtiennent les droits d’importation exclusifs pour la France en juillet, créent leur société Creative Imports en août et lancent le produit à l’automne 2013. Et tout aussi rapidement, les écoliers français se prennent de passion pour ce nouveau jeu.

Les raisons d’un succès

«Beaucoup de jeux tentent de devenir une mode, peu y parviennent», explique Isabelle Mazarguil. Mais pour la directrice de l’institut d’étude Junior&Co, les Rainbow Loom avaient tout pour devenir les stars des cours d’école. Petit, ce «produit nomade» est facilement accepté par les enseignants. Il répond aussi au désir de collection des enfants qui sont fiers de leurs réalisations. Surtout, les parents encouragent leurs enfants à progresser et à échanger leurs techniques entre eux. Un outil de socialisation et d’apprentissage, donc. Et puis, «c’est un jeu sans écran, une approche qui parle plus aux parents», termine l’experte.  

Le magasin La Grande Récré a lui aussi vu le potentiel de ce produit. L’enseigne a été la première à contacter le distributeur quimpérois. Lancé pour les fêtes de Noël, le jeu a connu «une véritable impulsion à partir de février-mars 2014», souligne Franck Mathais, directeur du département consommation à La Grande Récré. Véritable phénomène, les Rainbow Loom passent numéro un des ventes du magasin au printemps: «Les enfants s’habillent plus légèrement, exposent leurs bracelets et en font la promotion», explique-t-il.  

«La mode ne dure qu’un temps»

Un incroyable «bouche-à-oreille» qui rime avec jack-pot pour Creative Imports. En juin, la société quimpéroise a déjà vendu 350.000 boites de jeu et plus d’un million de sachets d’élastiques. En à peine un an d’existence, elle a atteint 4,5 millions de chiffre d’affaires et en vise 9 millions d’ici la fin de l’année. «Mais gare à la concurrence», souligne Isabelle Mazarguil. Aujourd’hui, Rainbow Loom a un concurrent principal en France, Cra-Z-loom, auquel s’ajoute nombres de contrefaçons venues notamment de Chine. Et gare, aussi, au caractère éphémère de tout phénomène de mode.

«Les enfants pourraient s’en lasser s’ils ne pouvaient plus progresser», pointe Isabelle Mazarguil. Franck Mathais prédit même que, dès Noël, les Rainbow Loom quitteront leur statut de «jeu événement » pour devenir un classique, au même titre que le Scoubidou. Emmanuel Laurençon, lui aussi, a bien conscience que «la mode ne dure qu’un temps». Alors il a pris les devants et prépare déjà des évolutions pour entretenir la passion des plus jeunes. Le lancement d’un nouveau kit permettant de réaliser des bracelets plus originaux et complexes est prévu pour la rentrée 2014, et d’autres nouveautés sont attendues pour 2015. Creative Imports est confiant: «L’ingénieur des Rainbow Loom arrivera à se renouveler. Il a énormément d’idées.»