BUREAU D'ETUDES 1/5 – Au boulot, le café peut vous éviter le pire

VIE DE BUREAU «20 Minutes» a sélectionné cinq nouvelles études universitaires qui éclairent notre quotidien au travail. Aujourd’hui: l’impact positif de la caféine sur les prises de décisions des salariés épuisés…

Claire Planchard

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Illustration d'un salarié buvant une tasse de café avant un réunion.
Illustration d'un salarié buvant une tasse de café avant un réunion. — OJO Images / Rex Featur/REX/SIPA

Le café, meilleur réveille-matin après des nuits trop courtes, ça, on le sait depuis belle lurette. Ce qui est moins connu, c’est qu’une bonne dose de caféine peut aussi éviter aux travailleurs épuisés des comportements déviants ou peu recommandables: coup de sang, mensonges ou abus en tous genres.

Mauvaises influences

En effet, selon une étude publiée en mars par plusieurs chercheurs américains dans le Journal of Applied Psychology, le manque de sommeil ne nous fait pas seulement fonctionner au ralenti. La fatigue réduit aussi notre capacité à réguler nos comportements et nos émotions, rendant ainsi plus difficile de résister à nos impulsions, aux tentations ou aux mauvaises influences.

«Quand vous manquez de sommeil au travail, c’est beaucoup plus facile de simplement céder à des suggestions non-éthiques de votre patron parce que la résistance demande des efforts et que vous êtes déjà épuisé», résumait dans un communiqué de presse l’un des coauteurs de l’étude, David Welsh, professeur à l’Université de Washington.

C’est alors qu’une tasse de café ou de thé peut vous donner un sursaut salvateur. «La caféine peut aider à résister en renforçant votre self-control et votre volonté quand vous êtes épuisé», expliquait Michael Christian, également coauteur et professeur à la UNC Kenan-Flagler Business School dans le même communiqué.

Pas la solution miracle

Les quatre chercheurs recommandent donc aux employeurs de fournir de la caféine sur le lieu de travail, mais ils n’en font pas la solution miracle, notamment en raison de ses effets négatifs (anxiété, fatigue, risques cardio-vasculaires, etc.)

Pour eux, les conclusions de cette étude doivent avant tout pousser les entreprises à prendre en compte les difficultés posées par le manqué de sommeil structurel de leurs collaborateurs. «Les employeurs doivent reconnaître que les salariés d’aujourd’hui travaillent pendant des horaires plus larges et dorment moins», soulignait David Welsh. «Etablir un code de bonne conduite n’est sans doute pas suffisant si les salariés sont trop fatigués pour aligner leurs comportements sur des standards organisationnels».

Plus qu’une charte éthique, une organisation du travail respectueuse du sommeil des salariés est pour eux essentielle. Parmi leurs conseils: «réduire les amplitudes horaires avec la planification, la limitation des heures supplémentaires et des pauses fréquentes», «éviter de programmer des tâches nécessitant beaucoup de self-control quand des échéances rendent de gros horaires inévitables», ou encore «assurer des siestes sur le lieu de travail et des sensibilisations aux besoins de sommeil».

«Nos cultures peuvent renforcer le mythe que travailler dur et travailler bien impliquent de ne pas dormir. Nos études montrent pourtant une nouvelle fois que le manque de sommeil n’est bon ni pour l’individu, ni pour l’organisation» concluait Michael Christian.