Bitcoin: Michel Sapin tend la main aux professionnels des monnaies virtuelles

INTERNET Pour leur éviter un «discrédit de réputation», le ministre veut leur fournir «une base juridique stable»…

Floriane Dumazert

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Le bitcoin fait frémir Internet.
Le bitcoin fait frémir Internet. — 20 minutes

Les acteurs du bitcoin demandaient une prise de position des autorités, Michel Sapin s’en est chargé. Ce vendredi, le ministre des Finances a reçu le rapport de Tracfin concernant l’encadrement des monnaies virtuelles. Si le ministre a rappelé les risques de leur utilisation, il a tenu à faire un geste en faveur des entrepreneurs impliqués dans cette innovation. Il a ainsi assuré ne pas être «dans une position hostile vis-à-vis des entreprises travaillant sur les monnaies virtuelles.»

Mais au fait, le Bitcoin, c'est quoi au juste? Les explications dans la vidéo ci-dessous

 

Le ministre des Finances s’est même inquiété du «discrédit de réputation» que peuvent subir les professionnels du bitcoin et les entreprises innovantes. Une référence directe au démantèlement la semaine dernière d’une plateforme illicite d’échange de bitcoins. Michel Sapin a alors estimé qu’il fallait apporter au secteur «une base juridique stable pour se développer», dont il est aujourd’hui dépourvu. Une évolution vouée à «sécuriser les acteurs».

«Un échange franc et continu»

Mais si les monnaies virtuelles sont «un potentiel économique», dans le sens où elles «permettent des transactions à faible coût», «il faut avoir conscience qu’elles sont vouées à intéresser les fraudeurs», a souligné le ministre. Tracfin a alors proposé deux pistes principales pour prévenir les dérives de ces instruments: lever l’anonymat des utilisateurs, dès que la monnaie virtuelle sert à l’achat de biens réels, et plafonner l’utilisation de monnaies virtuelles en tant que méthode de paiement.

A nouveau, Michel Sapin veut impliquer les acteurs du secteur et les invite à participer à l’élaboration de ces plafonds. Mais plus qu’une négociation ponctuelle, le ministre plaide pour un dialogue pérenne: «Nous allons engager un échange franc et continu avec les professionnels du secteur. Nous devons être à l’écoute de leurs préoccupations».