Mory-Ducros: «C'est une première victoire pour les salariés», selon leur avocat

SOCIAL Le plan social prévoyait 2800 licenciements

Vincent Vantighem

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L'entrée du site Mory-Ducros à Saint-Etienne, le 29 janvier 2014
L'entrée du site Mory-Ducros à Saint-Etienne, le 29 janvier 2014 — Philippe Desmazes AFP

Selon les avocats des salariés licenciés du transporteur Mory-Ducros, la justice vient d'annuler leurs licenciements, pourtant validés en mars 2014 par l'administration. 

Des salariés licenciés lors de la restructuration de ce transporteur avaient attaqué lundi le plan social devant le tribunal administratif de Cergy-Pontoise (Val-d'Oise). Si l'information était confirmée, leur victoire leur permettrait de réclamer d'importantes indemnités.

Le repreneur a fait son marché, selon les syndicats

Le plan social chez Mory Ducros, l'un des plus gros du quinquennat avec 2.800 licenciements, avait été homologué en mars dernier par l'administration. C'est ce feu vert de l’État que la CGT, la CFDT, la CFE-CGC ainsi qu'un groupe de plusieurs centaines de salariés contestent.

Les syndicats considèrent que le repreneur a fait son marché entre les sites de Mory Ducros, de façon «totalement inégalitaire et en manquant d'objectivité», a fait valoir Judith Krivine, l'avocate de la CGT.

Manifestation à l'ouverture de l'audience

Une centaine d'anciens salariés venus de plusieurs sites en France ont manifesté devant le tribunal à l'ouverture de l'audience. «On n'est pas là essentiellement pour gagner de l'argent» mais dire que «ce qui a été fait» est «dégueulasse», explique Nicolas Larose, qui a travaillé pendant 26 ans pour le transporteur. «On pouvait sauver beaucoup plus d'emplois, tout cela a été fait avec la complicité de l’État», affirme-t-il.

>> Eclairage: Pourquoi les reclassements seront difficiles

Mory Ducros avait été placé en redressement judiciaire en novembre 2013 après une faillite retentissante. L'entreprise a été en partie reprise par le groupe Arcole Industries, son actionnaire. La nouvelle société, Mory Global, a conservé 50 agences sur 85 et 2.200 salariés sur plus de 5.000.

Vers le versement de dommages et intérêts

L'annulation de l'homologation entraîne l'ouverture de procédures auprès du conseil des prudhommes permettant le versement de dommages et intérêts aux salariés licenciés. Le plan social concernait près de 2.800 personnes, sur plus 5.000.Cette décision du tribunal ne suspend pas la mise en oeuvre du plan de sauvegarde de l'emploi (PSE).

Selon l'avocat d'un collectif de près de 1.000 salariés, Me Fiodor Rilov, cette décision est «une première victoire pour les salariés qui ont perdu leurs emplois dans des conditions inacceptables».