Relance: Tout comprendre de la «feuille de route» d’Arnaud Montebourg

ECONOMIE Pouvoir d’achat, croissance, professions réglementées, BCE… Arnaud Montebourg a présenté ce jeudi «les bases» du redémarrage économique du pays…

R.L. avec AFP

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Le ministre de l'Economie Arnaud Montebourg à son arrivée à la conférence sociale à Paris, le 7 juillet 2014.
Le ministre de l'Economie Arnaud Montebourg à son arrivée à la conférence sociale à Paris, le 7 juillet 2014. — Lemouton Stephane-POOL/SIPA

Il était attendu. Après cent jours à la tête du ministère de l’Economie, Arnaud Montebourg a dévoilé ce jeudi après-midi sa «feuille de route du redressement économique de la France».

Désormais chargé de l’élaboration du scénario macroéconomique de l’Hexagone – et même si tous les choix budgétaires sont déjà fixés jusqu’en 2017 – Arnaud Montebourg devait «poser les bases» du redémarrage économique, expliquait son entourage avant un discours minutieusement préparé. Principal point évoqué: le fameux projet de loi sur la croissance et le pouvoir d’achat qu’il entend présenter à la rentrée.

>> Le discours d’Arnaud Montebourg est à revivre par ici

«Restituer six milliards d’euros aux Français»

Le ministre a ainsi donné les premiers éléments du futur texte qui comprendra une trentaine de mesures, pour «restituer six milliards d’euros aux Français».

Il a ainsi précisé qu’il allait s’attaquer aux professions réglementées. Cette catégorie concerne notamment les avocats, les notaires, les huissiers, les commissaires-priseurs ou encore les greffiers des tribunaux de commerce. Les pharmaciens sont également dans le viseur.

La règle «des trois tiers»

Il a également plaidé pour affecter le produit des efforts budgétaires selon une «règle des trois tiers»: «Un tiers serait affecté à la réduction du déficit public, garantissant notre sérieux budgétaire et la poursuite de l’assainissement des comptes publics. Un tiers serait affecté à la baisse des prélèvements obligatoires sur les entreprises (…) Un dernier tiers serait affecté à la baisse de la pression fiscale sur les ménages afin d’améliorer leur pouvoir d’achat», a-t-il détaillé.

«Cette règle des trois tiers est de nature à soutenir la croissance, permettant par un autre chemin le rétablissement de nos comptes publics. Et nous pourrions de la sorte nous remettre à créer de l’emploi et cesser enfin d’en détruire», a défendu le ministre.

Appel au patronat

Arnaud Montebourg a aussi appelé le patronat à créer des emplois en «contrepartie» des aides accordées aux entreprises dans le cadre du pacte de responsabilité. «Je lance un appel aux patrons, petits et grands (…), les Français vous soutiennent en faisant le sacrifice historique de 40 milliards de baisses d’impôts et d’allégements de cotisations».

«Donnez aux Français en contrepartie à voir votre sens patriotique en créant de l’activité en France, en embauchant autant que vous le pouvez et en investissant dans votre appareil productif», a-t-il déclaré.

«Il faut que la BCE aille encore plus loin»

Enfin, Arnaud Montebourg, a estimé que la Banque centrale européenne devait poursuivre ses efforts pour améliorer la compétitivité de la zone euro. Dans un contexte où l’inflation est historiquement faible» (0,5 % en juin), il faut que la BCE «aille encore plus loin» en rachetant de la dette publique «si l’euro ne baisse toujours pas et si la croissance ne repart pas dans la zone Euro», a-t-il dit.